Is., XIV, 3 et suiv
[550 av. J.-C] LA CAPTIVITÉ DE BABYLONE. 44»
La terre maintenant respire tranquille;
Le monde éclate en cris de joie,
Même les cyprès se réjouissent de ta chute i,
Les cèdres du Liban [se rassurent] :
« Depuis que tu es couché, [disent-ils,]
« Le bûcheron ne montre plus vers nous^ ».
Le scheol, sous terre, s'est ému à ton approche 3,
Pour venir au devant de toi ;
Il a réveillé pour toi ses ombres,
Les princes de la terre [qui dorment dans son sein];
Il a fait lever de leurs trônes les rois des nations.
Tous ensemble prennent la parole et te disent : « Te voilà donc aussi frappé comme nous, € Te voilà devenu semblable à nous ! »
Comment es-tu tombé du ciel.
Astre brillant, fils de l'aurore?
Comment as-tu été précipité à terre,
Dompteur de nations?
Tu disais dans ton cœur :
« Je monterai au ciel ;
c Au-dessus des étoiles de Dieu j'élèverai mon trône.
« Je m'assiérai sur la montagne sacrée ^
« Dans les profondeurs du Nord.
« Je monterai sur les hauteurs des nues,
« Je serai l'égal du Très- Haut. »
Non; c'est dans le scheol que tu seras jeté,
Dans les profondeurs du sépulcre.
1. Le poète apostrophe Nabonahid, dernier roi de Babylone, ou plutôt une sorte de roi de Babylone conçu d'une manière générale,
2. Le mouvement des grandes constructions s'est arrêté. 8. Comp. Ézéchiel, ch. xxxii.
4. Montagne séjour des dieux, située dans les régions les plus inaccessibles du Nord, sorte de Merou ou d'Albordj. Voir Ps. xliii, 3. III. 29
450 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [550 av. J.-C.J
Ceux qui te verront te considéreront,
S'approcheront pour te regarder :
« Est-ce là, [diront-ils,] cet homme qui ébranla la terre,
« Qui fit trembler les empires,
« Oui fit du monde un désert et dévasta les villes,
« Qui ne laissa pas un de ses captifs revenir chez lui? i
Tous les rois des nations sont couchés dans leur gloire,
Chacun dans son mausolée.
Mais toi tu seras jeté à la voirie,
Loin du tombeau qui te fut destiné,
Comme un pan souillé *,
Comme une charogne piélinée.
Tu ne seras pas uni dans la sépulture A ceux qui, percés par l'épée, Descendent au tombeau de pierre ;
Car tu as perdu ton pays,
Tu as assassiné ton peuple.
La race des méchants n'a pas de nom dans l'éternité °.
Préparez l'écliafaud pour ses fils,
A cause des iniquités de leurs pères;
De peur qu'ils ne se lèvent et ne reconquièrent le monde.
Et que la terre ne soit de nouveau couverte de ruines^.
— « Oui, je me lèverai contre eux, dit lahvé Sebaoth,
« Et je supprimerai de Babel le nom et la place,
« La trace et la race, dit lahvé;
« J'en ferai le domaine du hérisson,
€ Le réceptacle des eaux.
«. Je la balaierai du balai de la destruction, » dit lahvé Sebaoth.