‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 30 sur 348 · ïs., XI, 4. Cf. XIV, 30, 32; XXIX · texte numérisé non relu

ïs., XI, 4. Cf. XIV, 30, 32; XXIX

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Le pauvre est l'ami de lahvé. Il s'établit à cet égard des synonymies singulières. Le mot anav^ « doux » et le mot «m, ce pauvre, affligé, » dérivant tous deux d'une racine qui marque l'humilité, en vinrent à s'employer l'un pour l'autre ^ « Pauvre, affligé, malheureux, opprimé, doux, résigné, pieux, humble » ne se distinguèrent plus. Les mots qui signifient proprement « pauvre » {dal, éhion) devinrent équivalents de saintes gens, d'amis de Dieu. Les expressions « les pauvres de Dieu ou pauvres de lahvé, les humbles du pays, les chétifs de la terre, les doux du peuple », furent les noms dont se désignèrent les iahvéistes purs'. Tout cela

1. Ajoutons que, par suite de la confusion paléographique du iod et du vav, D"''î:y, ""Uy, et D^'»::?, ^^yj, ne différaient presque pas pour les copistes.

2. Voir Gesenius, aux mots 13i? et ^jIJ. Les mots ani, anav, pour désigner les gens pieux, se trouvent déjà dans les plus anciens prophètes, et ont pour synonymes éhion et dal. Amos, ii, 6-7 (synonymie de saddiq, éhion, dal, anav); cf. v, 11 (voir t. II, p. 428); Zacharie, ix, 9; Psaumes, x, 2; xiv, 5-0; cxii, D-10; CXL, 13- U. On trouve cet emploi presque à chaque page d'Isaïe et des prophètes postérieurs, même quand il s'agit de gens aisés; dans Jérémie, xx, 13, jrDN est pris au sens religieux. L'emploi de ces mots dans les Psaumes est on ne peut plus fréquent ; mais ici la date est presque toujours incertaine. — Dans le livre de rAlliance (Exode, xxii, 24), dans Agur (Prov., XXX, U), dans la Femme forte (Prov., xxxi, 20), ""iy est au sens propre.

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se fit dans un sentiment analogue à celui qui créa, au moyen âge, les noms de mineurs, minimes, pauvres de Dieu, humiliés, etc. Le sentiment de tristesse résignée qui remplit le cœur du pauvre confine par quelques côtés à la piété, et l'humilité des sentiments prédispose à un certain état de dévotion \ Par contre, les mots hébreux signifiant € riche, grand, fort » {asir, gadol^ arts) se prennent presque toujours en mauvaise part".

A partir du règne d'Ézéchias, ces associations d'idées sont fixées d'une manière irrévocable ^ Le vrai serviteur de lahvé est un pauvre, persécuté par les riches, vexé par les gens du monde. lahvé l'aime, parce qu'il est humble, parce qu'il ne fait pas ombrage à sa grandeur. lahvé est son protecteur, son justicier ; il finira par lui donner la victoire. Les ennemis de lahvé sont les ennemis des pauvres; les ennemis des pauvres sont ceux de lahvé. On sent qu'un tel esprit devait facilement dégénérer en hypocrisie sournoise, en humilité factice, surtout dans un état de croyances qui n'admettait pas que l'homme juste ajournât à un autre

1 . Dans certains proverJjes arabes, ^j^SL^ a un sens avantageux.

2. Comp. Isaïe, un, 9; Prov., xviii, 23; Michée, vi, 12; Mat th., XIX, 23, 24. iMème observation sur nadib, Isaïe, xiii, 2.

3. Isaïe, dès sa première époque, xiv, 32. Voir ci-dessus p. 6-7.

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monde ses revanches et ses compensations. Un sérieux terrible crispait tous ces fronts. Les railleurs (lécim) sont toujours présentés comme des impies. Le léç, c'est l'homme frivole, hardi, rieur; c'est le voltairien du temps, l'homme du monde, qui se moque des frocards. Ces lécim faisaient bande à part, s'asseyaient sur un banc à eux ; c'était ce qu'on appelait ce le banc des railleurs ». Il partait de ce banc plus d'une plaisanterie contre les saintes gens; ceux-ci, de leur côté, ne regardaient qu'avec haine ce groupe de pestiférés ^

Une démocratie théocratique, une religion résidant presque toute dans les questions sociales, voilà le judaïsme du viii" siècle, le vrai judaïsme, dont le christianisme n'a été que l'épanouissement et l'application. Les anavim ou hasidim^' forment une élite de l'humanité; ce sont les doux de la terre ; ce sont surtout les justes, les droituriers (isarim), la génération juste (dor saddiq), les fidèles du pays {néemné érès) , les gens tranquilles irigeéérès)^ les cœurs droits {isré leb) , les sectateurs de la voie parfaite {temimé dérek), les hommes qui craignent Dieu, qui l'aiment, qui ont confiance en lui, ceux

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