Is.,Li
S. Is., LU, 13-15.
[53G av. J.-C] LA CAPTIVITÉ DE BABYLONE. 485
Dans une des pages les plus étranges qui aient élé écrites ^ le Voyant nous montre ensuite le Serviteur de lahvé sous la forme de victime. Jérémie, mort depuis quarante ans, et dont la figure grandissait chaque jour, se mêle à ses hallucinations et vient compléter l'idéal de l'Homme de douleur.
Qui a cru à notre parole, et à qui s'est révélé le bras de lahvé? Il poussait devant lui comme un faible rejeton, comme une racine qui sort d'un sol aride; il n'avait ni beauté ni éclat qui le fit regarder, ni grâce qui le fit aimer. Méprisé, dédaigné des homme?, homme de douleurs, savant en infirmité, objet d'horreur, vilenie dont on ne tient aucun compte! Et c'étaient nos maladies qu'il portait, nos douleurs dont il s'était chargé. Nous le prenions pour un malheureux touché, frappé de Dieu, humilié. Et c'est pour nos péchés qu'il a été meurtri, pour nos iniquités qu'il s'est vu écrasé; le châtiment qui nous vaut la paix a pesé sur lui, et c'est par ses blessures* que nous sommes guéris. Nous étions comme des brebis errantes, chacun engagé dans son chemin, et lahvé a jeté sur lui notre iniquité à tous. Maltraité, injurié, il n'ouvrait pas la bouche; comme un agneau qu'on mène à la boucherie, comme une brebis silencieuse devant celui qui la tond. Les angoisses, les prisons l'ont tué ^. De son temps, qui s'aperçut qu'il venait d'être enlevé de la terre 3? Oui sut voir que les coups qui le frappaient avaient pour cause les péchés de son peuple *? On a mis sa sépulture avec celles des impies, son tombeau parmi ceux des méchants, quoiqu'il n'ait rien fait de mal