‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 36 sur 348 · Ps. XXI, fort analogue àxx · texte numérisé non relu

Ps. XXI, fort analogue àxx

48 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [710 av. J.-C]

Ta main, ô roi, alteindia les ennemis,

Ta droite saura trouver tous ceux qui te haïssent.

Tu les feras flamber comme une fournaise, devant ta face; lahvé les dévorera en sa colère, le feu les mangera.

Tu détruiras leur fruit de la terre,

Leur postérité d'entre les fils des hommes;

Car ils complotent le mal contre loi,

Ils trament des intrigues qu'ils ne pourront réaliser...

D'autres fois, le roi se trace à lui-même, par la plume de ses pieux conseillers, le programme accompli d'un roi théocrate*.

Je veux comprendre la voie parfaite, La conduite irréprochable à tenir au sein de ma maison.

Je ne souffrirai pas devant mes yeux celui qui faille mal; Je haïrai le malfaiteur; il n'aura pas de relations avec moi.

Loin de moi le cœur pervers !

Je ne connaîtrai pas le méchant.

Celui qui calomnie en secret son prochain, je l'exterminerai; l/iiomme aux yeux hauts et au cœur large^, je ne le supporterai pas.

Mes yeux inviteront les fidèles de la terre à demeurer avec moi; Celui qui est irréprochable en sa voie sera mon ministre.

L'artisan de fraude ne demeurera pas dans ma maison;

Celui qui profère le mensonge ne se tiendra pas devant mes yeux.

Je me lèverai chaque matin pour anéantirles méchants de la terre, Pour exterminer de la cité de lahvé tous ceux qui font l'iniquité.

i. Ps. CI. 11 y a, au commencement de ce morceau, des superfétations venant d'erreurs de copistes. Cf. Ps. XLii, 3, et ci, 2.

2. En mauvaise part. Vanav, toujours triste et contrit, a le cœur étroit, serré en quelque sorte.

[710 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 49

Ce psaume peut être du temps de Josias, comme du temps d'Ézéchias. On voit combien le pharisaïsme est ancien en Israël. La question des rapports sociaux était grave pour l'homme pieux. Notre principe moral, qu'il n'y a pas de contagion pour le galant homme, qu'on peut voir et toucher tout le monde sans contracter nulle souillure, était le contraire de l'esprit des saintes gens d'Israël. Il fallait choisir sa compagnie, s'arranger pour n'avoir de relations qu'avec les gens de la même secte que soi. Ce principe, divisant le monde en petites coteries sectaires, a rendu impossible en Orient ce que nous appelons la société. L'inquisition la plus odieuse en sortait comme conséquence nécessaire. Le roi qui mettrait en pratique les maximes du parfait roi d'Israël serait un tyran redoutable. Il est dangereux d'avoir pour programme de purger sa ville des ennemis de Dieu, c'est-à-dire de ceux qu'on suppose tels; car Dieu ne met personne dans ses confidences, et ne communique pas la liste de ses amis. Philippe II, pour obéir à ce verset, signait ses listes d'extermination et les faisait exécuter le matin. Israël a fondé bien plutôt la moralité que la liberté. A vrai dire, sept cents ans avant Jésus-Christ, personne n'avait l'idée de la liberté comme nous Tentendons; la Grèce elle-

même commençait à peine à en apercevoir quelque lueur. Selon le rédacteur jéhoviste de la Genèse, les pensées de Thomme vont naturellement au mal; le roi, représentant de Dieu, doit surtout réprimer. Notre libéralisme « au cœur large » eût fait à ces vieux croyants TefFet qu'il produit sur les musulmans, sur les protestants puritains; il leur eût semblé l'impiété même, la négation absolue des droits de lahvé. Le banc sur lequel nous enseignons cette douce philosophie leur eût paru être la chaire du mal, et sûrement ils l'eussent appelé, mosah lécim «. le banc des railleurs y>.

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