M PREFACE
rachèvement du travail qui a été le but principal de ma vie.
On m'a reproché d'avoir trop souvent, dans le précédent volume, fait des rapprochements entre les antiques événements que je raconte et les mouvements des temps modernes. Ce n'est pas ma faute si, dans le présent volume, j'ai été encore amené à blesser, en ce point, la susceptibilité des rhéteurs. L'histoire du judaïsme ancien est l'exemple où l'on voit le mieux l'opposition des questions politiques et des questions spciales. Les penseurs d'Israël sont les premiers qui se révoltèrent contre l'injustice du monde, qui refusèrent de subir les inégalités, les abus, les privilèges sans lesquels il n'y a ni armée ni société forte. Ils compromirent l'existence de leur petite nationalité, mais fondèrent l'édifice religieux qui, sous le nom de judaïsme, de christianisme, d'islamisme, a servi d'abri à l'humanité jusqu'à ce jour. Il y a là une leçon que les peuples modernes ne sauraient assez méditer. Les nations qui se livreront aux questions sociales périront; mais, si l'avenir appartient à de pareilles questions, il sera beau d'être mort pour la cause destinée à triompher. Tous les gens sensés de Jérusalem, vers l'an 500 avant Jésus- Christ, étaient furieux contre les prophètes, qui rendaient impossibles toute action militaire, toute diplomatie. Quel dommage, cependant, si ces fous sublimes avaient été arrêtés! Jérusalem y eût gagné d'être un peu plus longtemps la capitale d'un insignifiant