III
146 HISTOIKE DU PEUPLE D'ISRAËL. [640 av. J.-C]
telles prévisions. Nahum se distingue de tous les autres prophètes, en ce qu'il ne mêle à ses annonces sinistres aucun espoir de conversion, aucune prédication morale. Il n'a pas le ton d'un anav persécuté/; c'est un nationaliste, qui se réjouit de voir dans l'avenir le malheur des ennemis de sa patrie. Une telle modération surprend pendant le règne de Manassès, si odieux aux prophètes, et c'est ici la preuve que ce qu'on raconte des vexations subies par les anavim est empreint d'une grande exagération. Tout se borna probablement aux représailles que les mondains firent subir à une coterie intolérante. Il n'est pas sûr que Manassès n*'ait pas eu des prophètes comprenant le iahvéisme à l'ancienne manière, simplement comme la religion d'un dieu de province et de tribu ^
Manassès mourut à l'âge de soixante-sept ans. Sa mémoire resta en abomination auprès des exaltés. Pendant plus de cinquante ans, tous les maux qui frappèrent la nation furent, aux yeux des piétistes, la punition des crimes inexpiables de Manassès^ Il fut enterré dans un jardin nommé
i. Il n'emploie pas une seule fois les mots anav, aniy anvê areç.
2. Nahum, nous l'avons vu, ne s'écarte pas beaucoup de ce type de prophète.