II Rois, XXIII
CHAPITIIE XI
RECRUDESCENCE DU PROPHETISME ANAVITE. SOPHONIE, JÉRÉMIE.
Le parti anavite n'était mort qu'en apparence. Pour la cinquième ou sixième fois, Je piétisme vaincu releva la tête, et essaya de ressaisir le pouvoir. Les excès des fanatiques sous Ézéchias étaient oubliés. La régence qui gouvernait pour Josias enfant laissait aux mouvements populaires la liberté de se produire. Vers Tan 630, on vit ressusciter le vieil esprit qui avait semblé s'éteindre avec Isaïe.
Le signal de cette renaissance du prophétisme messianique et anavite paraît être venu d'un certain Sephaniah, fils de Gousi, fils de Gedaliah, fils d'Amariah, fils de Hizqiah, connu sous le nom de Sophonie. Le court écrit conservé sous le nom de ce prophète est des plus sombres. On y retrouve les âpres colères du rédacteur jéhoviste de la Thora
contre la civilisation ^ Jérusalem"^ est une ville mondaine pleine d'horreurs. Le culte de Baal y est officiel ; il y a des gens qui se prosternent sur leurs toits devant les astres du ciel et qui jurent à la fois par lahvé et par Moloch. Cette ville indocile n'écoute aucun des avertissements précurseurs. Ses chefs, ses juges, ses prêtres sont tous injustes et prévaricateurs. Les prophètes sont menteurs. Au nom de son inspiration personnelle, Sophonie se lève pour annoncer la proximité du jour des vengeances divines sur Juda et sur les gentils ^
Ce jour se présente à Sophonie sous l'image d'un grand festin, d'un sacrifice superbe. Les invités, héros de la fête, sont déjà prêts. Ce sont d'abord les princes du sang, les ministres*, partisans des modes exotiques, vêtus d'habits étrangers, les gens de cour, favorisant les mauvaises mœurs de la maison royale; puis les Chananéens, négociants du bazar, avec leurs tas d'argent; puis les impies, qui ne croient pas que lahvé s'occupe des affaires humaines, soit pour faire du bien, soit pour faire du