DERNIERES LUEURS DU PROPHETISME
Bien que très affaibli, Tesprit prophétique vivait encore, et nous avons, pour ainsi dire, son dernier soupir en un petit écrit qui fut certainement contemporain de Néhémie. L'auteur ne s'est désigné qu'avec mystère, et n'a pas voulu que son nom fût connu. Les abus qu'il combat sont ceux-là mêmes que combat Néhémie : la négligence dans le payement des dîmes et autres redevances légales, les mariages mixtes des Juifs avec des femmes païennes, le divorce, surtout quand on répudiait une femme Israélite pour épouser une femme étrangère, l'offrande par les prêtres de bêtes tarées, qu'on n'eût point offertes au péha. Les idées eschatologiques et messianiques préoccupent ce tard-venu des prophètes à l'égal de tous
ses devanciers. Le jour de lahvé est proche ; ce sera un feu, une extermination. Dieu y va préparer les fidèles par une apparition étrange ; c'est Élie qui va ressusciter, pour faire la réconciliation dans la conscience déchirée d'Israël. Cet envoyé extraordinaire, lahvé l'appelle maleaki, « mon envoyé ». La vision tout entière prit de là son nom. On l'appela (c la Prophétie de maleaki )>, mot qui devint ensuite le nom propre Malachie\
La situation morale vraiment tragique de la conscience Israélite est sentie par l'anonyme avec une grande vivacité. Les gens pieux sont à bout de patience et se disent : « Faisons le mal ; puisque c'est par là qu'on plaît à lahvé ^ Servir Dieu est chose vaine. Quel profit avons-nous à observer les préceptes, à porter toujours le deuil?... Désormais nous dirons : Heureux les zédim! Les artisans de crime prospèrent ; ils défient Dieu et s'échappent toujours sains et saufs. y> La réponse de lahvé ne se fait pas attendre. Un mémoire^ est dressé, contenant les noms des vrais serviteurs de lahvé.