‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 120 sur 274 · II Mucch., XV · texte numérisé non relu

II Mucch., XV

2. De part et d'autre, emploi de fausses pièces, mots et noms persans bizarres.

lerie apocryphes, el où la chronologie des rois de Perse était singulièrement confuse ^ On voit percer sans cesse, dans ces écrits de bas étage, une haute idée de la dynastie achéménide, l'auteur juif étant très heureux et très fier que la cruauté achéménide se soit exercée au profit de ses coreligionnaires^ Ces supplices le comblent d'aise, et il ne perd pas une occasion de faire savoir que le roi de Perse a fait pendre beaucoup de monde pour le plus grand bien d'Israël.

L'esprit national, combiné avec la religion, amène toujours ces odieuses conséquences. Quand les Juifs, chaque année, accueillent, par des contorsions de joie, la lecture du passage où l'on raconte le suppHce d'Aman et de ses fils, ils font la même chose que les chrétiens entonnant le Te Deum sur le champ de bataille ou faisant dire des messes d'actions de grâces pour le mal qui vient d'arriver à leurs ennemis.

LesAmschaspaiids,les Izeds,lesFerouers furent la partie du culte persan qui frappa le plus les

1. Item dans l'histoire des pages de Darius, la restauration de Zorobabel a lieu sous Darius (111 Esdras, ch. m et iv). Notez aussi III Esdras, ch. v, 1 et suiv. Dans Daniel, c'est bien pis. Voir ci-après, p. 344 et suiv.

2. Comparez le même sentiment dans le mauvais document, très analogue à Esther, inséré dans Esdras. Notez surtout vi, 11.

Juifs. L'ancienne angélologie hébraïque était d'une simplicité extrême. Des myriades de fils de Dieu, sans nom, entourent l'Éternel et sont comme l'éclosion sans cesse féconde de sa pensée*. Un d'eux est son envoyé, son courrier en quelque sorte (le maleak lahvé ou maleak élohim) ; un autre est un dénigreur, qui amuse quelquefois l'Éternel par ses saillies; c'est le Satan\ le critique de la création. Dans leur union intime avec l'Éternel, les fils de Dieu ne voient dans son œuvre que des harmonies ; ils trouvent tout bon et beau; ils sont dans le vrai, ils sont optimistes. Le Satan trouble par moments celte belle placidité. Il prend plaisir à relever les côtés faibles de la création, surtout à déprécier la vertu des hommes pieux, la chose dont l'Éternel est le plus fier; mais l'Éternel le réfute par des arguments péremptoires et a toujours raison de lui.

Avec le temps, cette organisation si simple de la cour céleste se compliqua. Le rôle de ses agents se dessina plus nettement; il y eut des hié-

1. Michel-Ange, au plafond de la Sixtine (compartiment de la création de l'homme), a merveilleusement compris cela. Une sorte de conque divine enveloppe l'Éternel et les enfants heureux, à peine séparés de lui, qui fourmillent autour de lui et ne font qu'un avec lui.

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