‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 128 sur 274 · Clermont-Ganneau, Revue archéoL, août 1878, p · texte numérisé non relu

Clermont-Ganneau, Revue archéoL, août 1878, p

textes, ils les entendaient très mal^ et, sur tous les passages difficiles ou altérés, ils faisaient d'énormes contresens, cherchant des significations mystérieuses là où il n'y avait que des choses toutes naturelles. L'orthographe hébraïque primitive, dénuée de voyelles, prêtait h beaucoup d'équivoques; on commençait, dès lors, à mettre des quiescentes {maires Icctionis) pour guider la lecture; mais on les mettait de travers. Les copistes, ne comprenant pas bien ce qu'ils copiaient et pourtant ne se résignant pas à écrire des nonsens, commettaient des fautes sans nombre. Ainsi l'exégèse des anciens livres hébreux devint tout à fait déplorable, au moins pour les parties poétiques. Les croyances messianiques, se nourrissant d'obscurité, trouvèrent là un riche aliment. Quand ces idées se développèrent, tout passage qui n'était pas clair fut censé messianique; l'élaboration des espérances de l'humanité s'est faite dans un fatras de bouts de phrases altérées par les copistes, devenues inintelligibles^ Quand il s'agit d'espérer, l'humanité trouve partout la preuve de ce qu'elle désire. Ce qu'elle désire est si légitime !

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