‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 142 sur 274 · Rom., I · texte numérisé non relu

Rom., I

Avec les siècles, ce grossier état religieux deviendra insupportable. Là est le joint où Israël enfoncera son coin terrible. Quand la plénitude des temps sera venue, les bonnes et belles âmes se dégoûteront de cette mauvaise comédie, iront au christianisme, c'est-à-dire au judaïsme. Mais nous sommes loin de là. Dans la seconde moitié du iv" siècle avant Jésus-Christ, la Grèce est un phare de vérité. Le progrès est avec elle, et les nations qui ne tournent pas leurs yeux vers elle sont les nations qui n'ont pas d'avenir.

Ce qui caractérisait le Grec, c'était sa foi à la gloire, sa confiance dans la postérité. La vie de l'individu est courte ; mais la mémoire des hommes est éternelle, et c'est dans cette mémoire que l'on vit réellement. L'important pour Thomme est ce qu'on dira de lui après sa mort ; la vie actuelle est subordonnée à la vie d'outre-tombe ; se sacrifier à sa réputation est un sage calcula Le Grec crée ainsi une valeur sans pareille, dont il est l'unique dispensateur. Et ce qu'il y a d'étrange, c'est que cet immense paradoxe se trouva vrai. En inventant l'histoire ^ la Grèce inventa le jugement du monde, et, dans ce jugement, l'arrêt de la Grèce

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