Histoire de Jacob
3. Ainsi on croit que dans la liste des bêtes impures, le mot Xa-jrw;, î lièvre 3» fut remplacé par ^aoûn-cuç, pour éviter des calembours avec l'éponyme de la dynastie, Aà-^oç, Aa-jî(5'at.
puisque la Bible latine en sortit, et que saint Jérôme lui-même ne la remplaça qu'en partie. Certes , le latin biblique , avec ses sauvages hébraïsmes, ses contresens sublimes et son énergique vulgarité, est supérieur h ce grec d'Alexandrie, qui n'a aucune complaisance pour l'à-peuprès, où l'incorrection détonne, qui ne comporte ni vague poétique ni mysticité. Mais, bien que l'Église orientale n'ait pas fait avec les Septante ce que notre Église a fait avec la Vulgate ; bien que la Bible latine garde le privilège de son incomparable beauté, il faut donner une robe d'honneur à la Bible grecque, qui, presque partout, a devancé l'œuvre des disciples de Jésus. Elle est à la Bible occidentale ce qu'une église du mont Athos est à une église gothique, ce qu'une mosaïque de Venise est à Giotto. Les beaux yeux des Vierges des écoles de Sienne et d'Ombrie nous enchantent; mais, par l'œil vitreux des mosaïques byzantines, une plus haute antiquité nous contemple. L'Alexandrin qui écrivit Ev or.pxo ^tcoIvi^ev 6 Oïlq tov ovpœjov y.oà TYjv 7^v mérita donc au suprême degré de l'humanité. Il devina la plus haute vérité de l'histoire, savoir que le génie hébreu conquerrait le monde en langue grecque et en alliance intime avec l'hellénisme.
La traduction des Prophètes suivit de près celle de la Thora. Les nécessités de lecture synagogale étaient les mêmes; car, de bonne heure, on prit l'habitude de lire, à la fin de la réunion sabbatique, quelques pages des prophètes. On tenait d'ailleurs à montrer aux Grecs la richesse des trésors littéraires qu'on possédait*. Les autres livres hébreux furent traduits successivement, et souvent augmentés d'additions pieuses à la façon du temps. Le livre d'Esther sembla trop sec, on y ajouta des prières qui lui donnaient un peu d'onction. A mesure qu'il paraissait en Palestine quelque ouvrage important, il s'en faisait une traduction grecque à Alexandrie, souvent à très peu d'intervalle". Et souvent aussi cette traduction grecque s'est gardée mieux que l'original. La connaissance de l'hébreu se perdit de plus en plus à Alexandrie, et, vers 132, Sirach le jeune trouve la culture hébraïque de la colonie égyptienne tout à fait abaissée ^
La version grecque d'Alexandrie eut un succès extraordinaire. D'Egypte elle serépandit en Syrie, môme en Palestine; les Juifs s'en servirent dans