‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 190 sur 274 · Sirach, l · texte numérisé non relu

Sirach, l

vieux nom jébuséen comme s'il avait pour premier composant Hiéro\,,

Le Juif passait avant tout pour un homme pieux; mais c'était aussi un homme d'ordre, un homme actif, s'acquittant bien des commissions qu'on lui confiait^ excellent pour les besognes subordonnées, à condition qu'on lui permît d'observer sa Loi en paix. Ce que la Thora formait avec une surprenante efficacité, c'était une bourgeoisie réglée, à la fois pieuse et raisonnable, à la façon des piétistes protestants d'Angleterre et d'Amérique, sabbatistes fougueux et excellents banquiers. La pensée de parvenir au premier rang et de prendre place parmi les conquérants grecs n'était pas à la portée d'un tel homme. Dans son humilité résignée, il se contentait de goûter les biens que Dieu lui accordait en retour de sa fidélité à observer la Thora. Le Juif ne songe aux honneurs profanes que quand l'argent est devenu le tout du monde et s'est substitué aux grandes récompenses que la guerre conférait seule autrefois.

Ce n'est pas qu'il n'y eût des Juifs épicuriens voluptueux, ambitieux, presque dénués de senti-

4. Tb Upbv 7cp&ffa'YcptuojA£vov iïpoaoXu|xa. Polybe, cité par Jos., Aw^, XII, III, 3.

2. Jos., Ant.t XII, XII, m, i. Trpc6u|jiiav tt; à TrapàxxXoOvTat,

ments religieux. La simplicité des idées juives a toujours produit les deux extrêmes. L'athée, en Israël, coudoie de très près le fanatique. C'est surtout dans la famille des grands-prêtres que se rencontraient ces scandales. L'argent qui affluait entre les mains des sacrificateurs devait faire d'eux les riches, presque les seuls riches, de la nation. Les opinions des Juifs sur la noblesse, opinions selon lesquelles il n'y avait qu'une seule noblesse, la noblesse sacerdotale*, leur conféraient aussi de grandes facilités pour de riches mariages. Quelquefois, il se mêlait à tout cela une avarice sordide, des vols véritables sur le pauvre peuple. La ferme des impôts, plaie éternelle de l'Orient, donnait lieu aux abus les plus criants. Les notables de chaque province prenaient à forfait la somme due aux rois d'Egypte ou de Syrie, payaient mal et laissaient les provinces exposées aux avanies, faisaient des fortunes scandaleuses.

Le grand-prêtre Onias (deuxième ou troisième du nom) gardait pour lui les tributs destinés au suzerain; il faillit de la sorte attirer sur la ville de Jérusalem les plus grands malheurs". Son

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