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Annibal, Mithridate, etc

276 HISTOinE DU PEUPLE D'ISRAËL.

peuple juif. Pendant les deux siècles qui nous séparent de Jésus, rindifférence religieuse aura une large place en Israël. Ce n'est qu'au premier siècle que les tièdes seront vomis; les Agrippa, les Hanan n'auront plus alors de raison d'être. Entre le chrétien et le zélote, il n'y aura pas de place pour un modéré.

Il ne faut pas s'étonner qu'en un milieu aussi pieux de grands abus pussent se produire, sans provoquer de bien vive réaction dans le haut presbytérat. Les temps très religieux, comme les pays très religieux, souffrent de grands scandales sacerdotaux sans en être troublés. Le clergé est bien plus relâché dans les pays pieux que dans les pays incroyants. Le moyen âge voyait des énormités simoniaques (indulgences, messes des morts, etc.) et n'était pas tenté de se révolter contre l'Église établie. Ce temple où tout se vendait, ces mauvais cohanim, jouisseurs, athées, matérialistes, qui exploitaient la piété des fidèles, trompaient Dieu,, prenaient pour eux tout le bénéfice net du sacrifice, n'amenaient pas encore de trop fortes protestations. On croyait que Dieu se tenait pour honoré des hommages de pareils drôles, et onleur apportait son argent sans la moindre arrièrepensée. L'homme pieux prête, sans s'en douter.

d'étranges goûts à la Divinité; on dirait, à voir certains raisonnements de la piété, que l'absurdité est une manière d'offrir à Dieu ce qu'il demande avant tout, l'abnégation de la raison, le respect.

Il y avait d'ailleurs dans le haut sacerdoce quelques hommes très respectables, et cela suffisait. Les vieillards, la gérusie régnaient. C'est vers ce temps que la tradition juive plaça cette grande synagogue, sorte de mythe^ autour duquel se groupèrent, comme autour d'une Église primitive, les souvenirs d'une transmission orthodoxe de la Thora. Asou séiag lattora, ce faites haie à la Loi », dressez autour d'elle des murs conservateurs, telle est en somme la morale religieuse de ce temps^. Toute spéculation personnelle est bannie; une résurrection de l'esprit prophétique ne se laissait prévoir à aucun signe apparent.

Le grand-prêtre Siméon le Juste passa pour le dernier membre de la grande synagogue ^ Il laissa en tout cas une mémoire très honorée*. Ce fut

1. Voir Derenbourg, p. 29 et suiv., résumant et corrigeant Herzfeld.

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