IV
La séparation des hommes et des femmes, dans un pareil milieu, doit être absolue. L^idéal en est réalisé dans une ville musulmane bien bigote. Le sage parfait du fils de Sirach est un musulman à Tair grave^, soigneux avant tout de sa respectabilité, propre sur sa personne, susceptible sur le chapitre de la bonne réputation, ne voyant que des gens comme il faut, faisant grande attention à ses convives, d'opinions modérées, moyennes, si l'on peut s'exprimer ainsi". Il est ami sûr ^ Son allure est modeste; ce qu'il hait le plus, c'est la mine évaporée des gens du monde, leur parler exubérant, leur tête haute. Il évite la compagnie des hommes à la mode, des riches à l'air su-perbe*. Résister aux puissants du jour est aussi inutile que de prétendre se mettre en travers du cours d'un fleuve ^ Le sage évite de se trouver sur leur chemin. Il n'a nulle ambition des charges, vit heureux de son travail, dans une douce médiocrité, se tenant à égale distance de l'avarice et de la prodigalité. Comme l'Ecclésiaste, il ne déteste pas de se donner du bon temps, songeant