‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 214 sur 274 · Diod. Sic, XXIX, 32; XXXI, 16; Tite-Live, XLI · texte numérisé non relu

Diod. Sic, XXIX, 32; XXXI, 16; Tite-Live, XLI

3. Voir Ottfried Mûller, De Antiq. Antioch.j p. 34-35, 53-G5.

les cités les plus splendides du monde. Aiitioche devint un des points rayonnants les plus actifs de rhellénisme. La tentation devait être forte de faire régner cette haute civilisation rationnelle sur des pays qui n'avaient connu jusque-là que des cultures inférieures, sur des religions qui portaient presque toutes une tare de superstition ou de fanatisme. On peut dire que, si Antiochus le Grand n'avait pas rattaché la Palestine à l'empire séleucide, l'entreprise d'Épiphane, se bornant alors à helléniser le nord de la Syrie, eut réussi. Mais le judaïsme présenta une opposition invincible. En l'attaquant, Épiphane s'attaqua à un roc. Il ne se contenta pas, en effet, de réfréner les excès du fanatisme, de garantir la liberté des dissidents, de faire régner sur tous les cultes une loi civile égale. Il voulut vraiment supprimer le judaïsme, forcer les Juifs à des actes qu'ils tenaient pour idolâtriques*. On l'a comparé à Joseph II ; la comparaison n'est pas exacte; car Joseph II ne fit que maintenir les droits de l'État laïque au milieu des prétentions exagérées de la théocratie. Épiphane fut vérita-

1. Rex Antiochus demere superstitionem et mores Grœcorum date adnisnSy quominus tœterrimam genteni in melius mutaretj Parthorum belio prohibitus est. Tacite, Hist.y V, 8.

blement un persécuteur, et, comme son caractère manquait d'équilibre, la résistance le poussa jusqu'à la folie. Ses contemporains, jouant sur son épithète royale, l'appelèrent Épimane. Il semble, en effet, qu'il arriva, par moments, à des accès de folie caractérisés.

C'est ici la première persécution dont la théocratie sortie des prophètes juifs fut l'objet. Antiochus obéit au même principe que les empereurs romains, souvent les meilleurs, moins excusable, en ce que le judaïsme était limité à un pays, tandis que le christianisme était un mal général qui minait l'empire. Ce feu roulant de plaintes réciproques entre l'État et l'Église ne cessera plus jusqu'à nos jours. Il y a contradiction, en effet, entre une société se prétendant fondée sur une révélation divine et la large société humaine ne connaissant que les liens du droit et de la raison. Marc-Aurèle, qui était un autre homme qu'Antiochus Épiphane, persécuta comme lui la théocratie. L'excuse de ces hommes considérables est que la théocratie, quand elle fut maîtresse, persécuta ses adversaires bien plus cruellement encore que ceux-ci ne l'avaient persécutée. Antiochus, avant d'arriver au trône, avait passé sa jeunesse à Rome comme otage. Peut-être puisa-t-il dans

l'intimité des grandes familles romaines, où il s'était formé, cet absolu dans les idées et ce mépris des religions autres que les superstitions nationales, qui plus tard devaient faire de l'empire romain le pire ennemi de toute théocratie.

lY.

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