Pan., XII
Voilà qui est clair. Israël est parvenu au dernier aboutissant de son effort séculaire, le royaume de Dieu, synonyme de l'avenir, et la résurrection. Étranger à l'idée d'une âme distincte survivant au corps, Israël ne pouvait arriver au dogme de la survivance qu'en faisant revivre l'homme tout entier. Les âmes des justes* ne vont pas sans les corps des justes. L'unité de l'homme était ainsi mieux respectée qu'elle ne l'a été par beaucoup d'écoles prétendues spiritualistes. Et où ces âmes vont-elles goûter leur récompense? Dans un paradis métaphysique que l'ennui rendrait presque aussi insupportable que l'enfer? Non; elles restent dans la vie, pour régner avec les saints, pour jouir du triomphe de la justice qu'elles ont amené, pour faire partie du royaume éternel, au sein d'une humanité régénérée.
Voilà l'idée qui a converti le monde. La foi à l'avenir a été fondée par le peuple qui a le moins cru à l'immortalité de l'individu et qui a le plus résisté à leurrer la moralité par de faux billets sur une vie qui n'a pas de réalité'.
1. 11 Macch., VII, 9, M, 14, 23, 29, 3G; xii, 43 et suiv.; xiv, 4G; Gant, des trois enfants, Dan., m, 80, rM'ju^xra. xxl ^^yjvX ^'tjcaîwv. (Cf. Matth., xxvii, 52). Ce morceau faisait, selon moi, partie du livre de Daniel primitif.