‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 252 sur 274 · PRINCIPAT DE JUDA MACCHABEE · texte numérisé non relu

PRINCIPAT DE JUDA MACCHABEE

Pendant un an et demi après la reprise du temple, Juda Macchabée fut à peu près souverain de la Judée*. Akra seul maintenait, du haut de ses remparts imprenables, le pouvoirdes rois de Syrie. Les juifs hellénistes ou renégats y menaient une vie misérable, presque de prisonniers. Lysias, absorbé par d'autres soins, ne pouvait revenir à la charge. Juda Macchabée fit fortifier l'enceinte du temple. Bethsour était un point très important; Juda le fit également fortifier, pour le cas où des revers imprévus forceraient les hasidim d'évacuer Jérusalem.

Un des grands défauts des Juifs commençait à se manifester dès lors. Pleins du sentiment de leur

1. I Macch., IV, 60 et suiv.; Jos., An(., XII, vu et suiv. IV. 24

supériorité, acariâtres, taquins, amenés par leur Loi à un isolement qui paraissait du dédain, les Juifs passaient pour mauvais voisins et l'étaient en effet. Ils étaient détestés des peuples qui les entouraient. Un tel fait s'est produit, à tous les siècles, d'une façon trop constante pour qu'il n'ait pas sa raison d'être. Tout voisin des Juifs maltraite le Juif; c'est là une règle qui comporte bien peu d'exceptions. Les peuples limitrophes de la Palestine avaient vu de très mauvais œil le soulèvement juif et s'étaient rangés du parti des Séleucides. Le rétablissement du culte à Jérusalem amena une recrudescence de mauvais traitem.ents. Il y eut des meurtres, des gens réduits en esclavage. Juda Macchabée regarda comme un devoir de venger ses coreligionnaires et le fît avec cruauté. L'Idumée surtout fut durement châtiée ; puis ce fut le tour des Ammonites, qui opposèrent une armée bien commandée par un certain Timothée. Mais Juda l'emporta. La ville de Jaézer fut prise et maltraitée. Juda, après cette campagne, qui dut exaspérer les haines, retourna en Judée.

On vit bien, dès les premiers jours de cette demiautonomie, l'impossibilité d'un État juif et d'un souverain juif. Le souverain doit avoir l'esprit libre. Or le souverain juif est trop sollicité par le

fanatisme religieux; il entend trop de doléances. Quand le Juif se sent appuyé, il devient plaignant, dénonciateur. A peine Jérusalem fut entre les mains d'un chef juif que de toutes parts les plaintes arrivèrent. Elles étaient fondées probablement en partie, mais sans doute exagérées. Les chrétiens d'Orient, aujourd'hui, prétendent toujours qu'on les massacre, quand on ne fait que donner suite à des querelles, où souvent ils ont eu les premiers torts.

Les récriminations venaient surtout de Galaad (on désignait par ce mot tout le pays au delà du Jourdain) et de la Galilée, où les Juifs étaient nombreux et prétendaient que les païens leur tenaient sans cesse le couteau sur la gorge. Une grande assemblée* eut lieu. Simon, frère de Juda, fut envoyé avec trois mille hommes en Galilée. Juda et Jonathan, avec huit mille hommes, devaient opérer au delà du Jourdain. Joseph fils de Zacharie et Azarias devaient protéger la Judée avec le reste des troupes. Les campagnes de Galaad et de Galilée furent très heureuses, si cela peut se dire d'une série d'incendies etd'égorgements^ Timothée, que nous retrouvons encore cette fois se mesurant contre

Page 1