Néh., V, 19; xiii, li
pleines d'espérance égoïste, de rancunes personnelles contre Sanballat et Tobiah, sont l'expression la plus juste de la piété du temps. Néhémie n'attend sa récompense que de lahvé ; le jugement des hommes ne lui est pourtant pas indifférent. Il a de Tamour-propre, même de la vanité. Il veut que Ton sache ce qu'il a fait, la reconnaissance que lui doit la communauté, le désintéressement qu'il a mis dans toutes ses entreprises. Il tient à passer pour l'idéal d'un parfait péha, gouvernant ses coreligionnaires*. Les préfets d'alors étaient payés, c'est-à-dire nourris, par leurs administrés. Pendant les douze ans de son administration, Néhémie a renoncé à ce traitement; lui et sa famille n'ont rien coûté au peuple. « Les gouverneurs qui m'avaient précédé, dit-il, avaient été à la charge du peuple, et recevaient de lui en denrées et en vin au delà de quarante sicles, et leurs officiers aussi exploitaient le peuple. Mais, moi, je n'agis pas ainsi par crainte de Dieu. De plus, je travaillai à cette œuvredelamuraille, quoique jen'eusse aucun bien-fonds dans le pays, et tous mes serviteurs s'y employèrent. J'avais tous les jours à ma table cent cinquante personnes, simples Juifs ou seganim,