‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 4)Chapitre 118 sur 334 · I Rois, xiiï, 11 et suiv;. xiv, 1 et suiv · texte numérisé non relu

I Rois, xiiï, 11 et suiv;. xiv, 1 et suiv

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Pendant que Jéroboam réagissait ainsi contre tout ce qu'avaient fait David et Salomon et replaçait les choses au point où elles étaient du temps de Saùl, Roboam essayait, dans Jérusalem, de maintenir ce qui restait de l'œuvre de son père. La puissance, plus apparente que réelle, de Salomon s'évanouissait comme un mirage. Roboam lutta, pendant dix-sept ans, contre cette décadence. Prévoyant des invasions du côté de l'Egypte, il fit fortifier toutes les villes de Juda, et y établit des dépôts de vivres et d'armes. Ces précautions ne servirent de. rien. La cinquième année du règne de Roboam (vers 950), le roi Sésonq, le fondateur de la vingt-deuxième dynastie (bubastite), qui déjà avait donné la preuve de sa malveillance pour le roi de Jérusalem, en offrant un asile, dans les derniers temps de Salomon, à Jéroboam révolté, commença une de ces courses à travers la Syrie dont les rois d'Egypte avaient comme perdu l'habitude depuis les Ramsès. Les villes de Juda subirent le premier effort1. Le roi d'Egypte entra en maître dans Jérusalem. Une détrôna point Roboam2; mais

1. Maspero, Zeitsc/irift fur œgypt. Spr., 1880, p. 17; Recueil de trav., t. Vil, p. 100.

2. La liste des villes prises par Sésonq qui se lit sur les pylônes de Karnak est en très mauvais état, et n'a pas une

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il s'empara des trésors du temple et du palais royal, en particulier des boucliers d'or de Salomon, déposés dans le palais « Forêt du Liban », et des peltes d'or des officiers d'IIadadézer, qu'on avait conservés comme trophées de la victoire de David 1 .

Le royaume d'Israël ne souffrit pas moins que celui de Juda de l'invasion de Sésonq2. Les villes de Taanach et de Megiddo furent prises. Sésonq, à son retour à Thèbes, fit graver sur des tables, dans son palais deKarnak, l'image de sa campagne. Les villes prises, au nombre de cent trente-trois, sont représentées sous la forme d'un captif engaîné dans un cartouche ou bouclier obsidional.

Ainsi, cinq ans après la mort de Salomon, Jêrusa-

grande valeur. Elle commence par le Nord, et se compose des listes des conquêtes antérieures, que le scribe adulateur rapporte à Sésonq. Jérusalem n'y est pas nommée. Le mol Iehoudamélékha, où l'on voit d'ordinaire le titre « roi de Juda », est une ville; la figure placée à côté n'est pas, comme on l'a cru, le portrait de Roboam ; c'est une image symbolique de ville prise. Pas plus en égyptien qu'en sémitique, l'interversion de mots Iehouda mélek pour Mélek Iehouda ne serait possible [Maspero].

1. I Rois, xiv, 26; II Sam., vin, 7 (grec). Voy. Thenius, p. 196.

2. Maspero, Hist. anc, p. 340. Ceci écarte l'bypothèse d'une instigation de Jéroboam, qui serait assurément fort admissible, surtout si on attachait quelque valeur au texte grec del Rois, xn, 24, d'après lequel Jéroboam aurait été gendre du roi d'Égyple. Voy. cependant Blau, dans la Zeitschrift der d. m. Gcs., 1801, p. 233 et suiv. ; Duncker, Gesch. des AIL, II, p, 181.

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lem est humiliée, polluée. Ces splendeurs du temple et des palais, toutes ces belles œuvres, fraîches encore et à peine terminées, sont déshonorées par le contact du vainqueur. Roboam fit remplacer les boucliers d'or par des boucliers d'airain; ces armes de parade, qui servaient mxracim, quand ils accompagnaient le roi au temple, furent désormais déposées non plus au garde-meuble royal, mais à la caserne des gardes du corps, près de la porte du palais. La suzeraineté que le roi de Jérusalem avait exercée pendant plus de trois quarts de siècle sur les pays voisins de la Palestine avait à peu près cessé. À cinq ou six lieues de Jérusalem, expirait la puissance du fils de Salomon.

La maison royale, cependant, continuait d'être puissante, et, en un sens, elle était mieux organisée qu'elle ne l'avait été sous les deux premiers règnes. Roboam eut un sérail de dix-huit femmes, dont plusieurs étaient ses tantes et ses cousines. La reine préférée était Maaka, fille d'Àbsalom * ; son fils Abiam fut constitué chef de ses frères et destiné à la royauté. Les autres princes, au nombre de vingtsept, reçurent des établissements dans les différents

1. Contradiction de I Rois, w, 2, 10, et de II Chron., xi, 20 xili, 2.

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districts de Juda et de Benjamin. Les places fortes où ils demeuraient furent comme des petites cours, où l'on déploya un luxe royal et qui eurent des harems à la façon de Jérusalem ! . Cette organisation fut probablement imitée sous les règnes suivants2, et c'est peut-être pour cela que, depuis Roboam, la cour des rois de Juda n'offre plus les drames terribles qui avaient ensanglanté les palais de Sion sous les règnes de David et de Salomon.

A part la puissance extérieure, le règne de Roboam ne différa pas autant qu'on pourrait le croire du règne de Salomon. Ce fut Louis XV après Louis XIV. Le mouvement prophétique paraît avoir été tout à fait nul. L'espèce de largeur d'esprit, non sans quelque relâchement moral, qui caractérisa les dernières années du règne de Salomon, continua sous Roboam. L'éclectisme religieux couvrit le pays de hauts lieux, de cippes sacrés, àhiséroth. Les sommets de collines étaient couronnés de ces symboles; les bocages verts recelaient sous leurs ombrages des mystères que l'on supposait honteux. Au dire des rigoristes, toutes les impuretés chananéennes florissaient. L'ignoble hiérodule des temples phéni-

l.IIChron., xi. 18-23.

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