‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 4)Chapitre 170 sur 334 · REGNES D'ACHAB ET DE JOSAPHAT · texte numérisé non relu

REGNES D'ACHAB ET DE JOSAPHAT

Les détails authentiques nous manquent sur la lutte entre la dynastie omride et les écoles prophétiques1. La légende a de beaucoup forcé les choses en ce qui concerne l'étendue des persécutions et le fanatisme de la résistance, au moins sous le règne d'Aehab. Il n'est pas douteux, cependant, que les hommes de Dieu n'aient fait à Achab et à Jézabel une guerre ardente. Quand on voit un homme aussi pieux qu'Asa obligé de sévir contre les prophètes, on ne s'étonne guère que le fils d'Omri ait eu besoin de recourir à des rigueurs

\. Les agadas prophétiques insérés dans les livres des Rois sont empreints d'une énorme exagération. Il est remarquable, cependant, que Michée (vi, 16), vers 725, présente les Omrides comme les fondateurs de l'idolâtrie en Israël. L'opinion était donc faite à cet égard avant la destruction du royaume de Samarie.

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contre ces corporations puissantes, qui défendaient les anciennes mœurs. La royauté avait des exigences; les prophètes les trouvaient exorbitantes et opposaient aux raisons d'État l'individualisme primitif, intraitable sur le droit personnel. Ils rendaient ainsi tout progrès impossible et forçaient Pautorilé à des actes odieux. C'est la tactique ordinaire des partis cléricaux. Ils poussent à bout l'autorité civile, puis présentent les actes de fermeté qu'ils ont provoqués comme d'atroces violences. Le naïf anarchisme des Arabes ne sait pas distinguer entre les nécessités de l'État et l'égoïsme du souverain1. Une expropiation pour cause d'utilité publique leur paraît un vol. On prétendit qu'un certain Naboth de Jezraël, qui refusa, par amour du patrimoine héréditaire, de céder son champ pour l'agrandissement des jardins royaux, périt victime d'odieuses machinations. On raconta plus tard les menaces terribles que le prophète Élie aurait proférées, à ce sujet, contre Achab et Jézabel 2. Naturellement, l'étrangère portait plus lourdement encore que son mari le poids de l'im-

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