‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 4)Chapitre 228 sur 334 · Gen., i · texte numérisé non relu

Gen., i

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Je suis Iahvé, ton Dieu *, qui t'ai fait sortir de la terre de Mesraïm, de la maison aux esclaves. Tu n'auras pas d'aulres dieux devant moi. Tu ne te feras pas d'idole ni d'image des choses qui sont dans le ciel en haut, ou sur la terre en bas, ou dans les eaux sous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant elles et tu ne les adoreras pas ; car moi, Iahvé, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, poursuivant le crime des pères sur les fils jusqu'à la troisième et quatrième génération de mes ennemis, et faisant miséricorde jusqu'à la millième génération à ceux qui m'aiment et gardent mes commandements.

Tu ne prendras pas le nom de Iahvé, ton Dieu, pour garant du mensonge; car Iahvé ne laisse pas sans le punir celui qui prend son nom pour garant du mensonge.

Note le jour du sabbat pour le sanctifier. Durant six jours, tu travailleras et te livreras à les occupations; mais le septième jour est un jour de repos, consacré à Iahvé, ton Dieu; tu n'y feras nulle besogne, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton esclave, ni ta servante, ni tes bêtes, ni ton hôte qui demeure chez toi. Car, en six jours, Iahvé a fait les cieux et la terre, la mer et tout ce qui s'y trouve, et il s'est reposé le septième jour ; voilà pourquoi Iahvé a béni le septième jour et l'a sanctifié.

Respecte ton père et ta mère, pour que tu vives longtemps sur la terre que Iahvé ton Dieu doit te donner.

Tu ne tueras point.

Tu ne commettras pas d'adultère.

Tu ne voleras point.

1. Rappelons qu'à partir de la révélation du nom de Iahvé, le prétendu élohiste se sert, aussi bien que le jéhoviste, du nom de Iahvé.

Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain.

Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain.

Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son esclave, ni sa servante, ni son hœuf, ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain.

On le voit, le progrès religieux, qui caractérise le livre de V Alliance, est encore plus sensible dans la petite Thora en une dizaine d'articles élaborée par les sages de Jérusalem. La condition du pacte de Iahvé avec ses serviteurs est exclusivement la morale. Les récompenses de Iahvé sont les biens de ce monde; il les donne à qui lui plaît; or, celui qui lui plaît, c'est l'homme irréprochable. Pour vivre longtemps, pour être heureux, il faut éviter le mal. Le pas est franchi. Les vieilles religions où le dieu octroie ses biens à celui qui lui offre les plus beaux sacrifices et pratique le mieux ses rites sont entièrement dépassées. Le Livre de l'Alliance avait déjà inauguré des idées du même ordre dans le royaume du Nord; mais le Déealogue lui est supérieur en netteté. La fortune incomparable qu'a eue cette page, devenue le code de la morale universelle, n'a pas été imméritée.

Dans le Déealogue, en effet, est achevé le retour d'Israël au culte pur, à ce monothéisme qu'on

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entrevoit aux origines de la vie patriarcale et dont le peuple avait dévié en adoptant un dieu national. Iahvé et Élohim ne font plus qu'un. lahvé n'est plus seulement le Dieu d'Israël ; il est le Dieu du ciel, de la terre, du genre humain. Il aime le bien; il ordonne le bien. Il est le vrai Dieu. Ainsi, Israël réussit à tirer le vrai de ce qui en était la négation. Le progrès en religion peut se faire de deux manières, soit en attaquant de face un culte mauvais, en détruisant et supprimant les dieux méchants; soit en améliorant le dieu particulier sans changer son nom, en le ramenant peu à peu au type du Dieu universel. L'aristocratie morale d'Israël était si profondément pénétrée par l'idée monothéiste, qu'elle réussit à faire de lahvé le Dieu absolu. Ce funeste nom de lahvé, elle a fini par le supprimer en le déclaraut imprononçable. Pareille fortune n'arriva ni au Gamos des Moabites, ni au Rimmondes Ammonites, ni au Salm des Arabes, ni même a Baal, ni à Milik.

Le temple de Jérusalem, qui semblait le plus grand malheur au point de vue de l'élohisme pur, finit ainsi par servir au développement de l'idée religieuse. Le Décalofjue fut écrit probablement dans les chambres qui entouraient le temple. Plusieurs fois, en son histoire, Israël est arrivé à aimer ce qu'il

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avait d'abord haï et à faire contribuer à son œuvre ce qui pouvait y sembler le plus contraire1. Même lahvé a plié sous ce génie de fer. Une idole, un faux dieu, s'il en fût, est devenu, sous l'action constante d'une intense volonté, le seul Dieu véritable, celui qu'on sert en étant juste, qu'on honore par la purçté du cœur. Les « dix paroles » de lahvé sont pour toutes les nations et seront durant tous les siècles les « Commandements de Dieu ».

Ainsi, dès l'an 825 à peu près avant Jésus-Christ, Israël avait fait son chef-d'œuvre, sa Thora, exempte encore de toutritualisme. Est-il impossible que, chez tel ou tel peuple de l'antiquité, il ait existé des codes moraux comparables au Livre de l'Alliance et au Décalogue? On ne saurait le dire. Mais ce qui fît le succès des formules israélites, ce fut la suite obstinée qu'y mit Israël. La Bible du IXe siècle était double quant à la lettre, mais une quant à l'esprit. Un même sentiment de douceur, de politesse, un même amour de la vie pacifique, remplit les deux histoires2. Les idylles exquises du jéhoviste, présentant des images toujours nobles,

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