Il Rois, xiv, 25-28. Voir ci-dessus p
[810 av. J.-C] LES DEUX ROYAUMES. 417
de se donner à Juda, mais n'essuya de ce côté que des rebuts. C'est, du moins, ce que l'on croit lire dans un curieux morceau prophétique qu'on a tout lieu d'attribuer à Iona, et qui paraît avoir été le manifeste de cette expédition1. C'est un long hurlement de rage contre Moab, entremêlé de jeux de mots sanglants et de lugubres plaisanteries. On croyait à l'efficacité des injures rythmées de ces maudisseurs de profession2; on était très sensible à leurs railleries. C'étaient là en quelque sorte les publicistes du temps.
Oui, dans la nuit de destruction, Ar-Moab périra ! Oui, dans la nuit de destruction, Qir-Moab périra ! Beth-Bamoth et Daibon montent aux hauts-lieux pour pleurer; Sur Nebo et sur Médeba, Moab se lamente.
Toutes les têtes sont rasées,
Toutes les barbes sont coupées ;
Dans les rues, on ceint le saq;
Sur les toits, sur les places,
Tout le monde crie, fond en larmes.
Hésébon, Éiéalé poussent des clameurs;
Jusqu'à Iaha?, on entend leur voix...
Pauvre Moab !
Ses fuyards sont déjà à Soar, à Églat-Selisia ; Ils remontent en pleurant la montée de Louhit ;
1. Isaïe, xv, xvi. Ce morceau fut conservé pour sa bizarrerie et ses malices contre Moab. Isaïe le releva plus tard et l'inséra dans son recueil.