Beth-mantlala
3. Pour que le fruit du sycomore mûrisse, ii faut y pratiquer des incisions.
438 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [800 av. J.-C.]
qu'il voyait un abus, il en concluait que le monde allait finir. Il n'avait pas d'autre manière de sauver l'honneur de Iahvé. Le penseur hébreu est d'avis, comme le nihiliste moderne, que, si le monde ne peut être juste, il vaut mieux qu'il ne soit pas; que le monde ne peut vivre avec ce qui en est la subversion. Tout nuage à l'horizon paraissait ainsi au prophète l'indice prochain de la catastrophe qu'il attendait. La révolution conçue par ce peuple fut assurément la plus radicale qui ait jamais été rêvée, puisque Dieu lui-même vient y présider.
On se figurait déjà ce jour de Iahvé sous les couleurs les plus terribles. Ce sera un jour de ténèbres, non de lumière. Il y aura des signes au ciel ; le soleil se couchera en plein midi1. Malheur à qui désire voir ce jour-là ! Ce sera comme quand un homme fuit devant un lion, se trouve face à face avec un ours, entre dans sa maison, s'appuye contre le mur et qu'un serpent le mord2.
Un âge d'or succédera à ce grand jour des justices divines3. La terre sera si fertile que la moisson et les semailles se toucheront. Les montagnes ruisselleront de vin. Iahvé ramènera alors les captifs de