I Rois, n, 3 et suiv
9 i H I S T 0 1 R E D U P E U 1» L E D' I S R A Ë L . [995 av. J.-C. j
de David . Tout cela se passait environ mille ans avant Jésus-Christ.
Mille ans avant Jésus-Christ ! C'est ce qu'il ne fan t pas oublier, quand on cherche à se représenter un caractère aussi complexe que celui de David, quand on cherche à concevoir le monde singulièrement défectueux et violent qui vient de se dérouler sous nos yeux. On peut dire que la religion vraie n'est pas encore née. Le dieu Iahvé, qui prend chaque jour dans le monde israélite une importance hors de pair, est d'une partialité révoltante. Il fait arriver ses serviteurs ; voilà ce qu'on a cru remarquer et ce qui le rend très fort. 11 n'y a pas encore d'exemple de serviteur de Iahvé que Iahvé ait abandonné. La profession de foi de David se résume en ce mot : « Iahvé qui a sauvé ma vie de tout danger2... » Iahvé est une forteresse sûre , un rocher *, d'où Ton peut
1. Le tombeau de David et des rois ses successeurs était vers l'extrémité sud d'Ophel, un peu au-dessus de la piscine de Siloé. (Néhém., m, 16). Des fouilles faites à cet endroit seraient sûrement fructueuses. Voir le passage cité comme de Josèphe par Théodoret, Quœst.in III Reg., qurest. 6. Cf. Clermont-Ganneau, Revue crit., 7 nov. 1887.
% 1 Rois, i, 29.
3. II Sam. xxn, c2 suiv. Ce psaume (ps. xvm) n'est pas de David : mais le ton des premières strophes convient bien à David.
\. De là, l'habitude de désigner Dieu par le nom de sour « rocher ».
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défier ses ennemis, un bouclier, un sauveur. Le serviteur de Iahvé est en toute chose un être privilégié. Oh! combien il est sage d'être un serviteur exact de Iahvé.
C'est surtout en ce sens que le règne de David eut une extrême importance religieuse. David fut la première grande fortune faite au nom et par l'influence de Iahvé. La réussite de David, confirmée par ce fait que ses descendants lui succédèrent sur son trône, fut la démonstration palpable de la puissance de Iahvé. Les succès des serviteurs de Iahvé sont les succès de Iahvé lui-même; or le dieu fort est celui qui réussit. C'était là une idée peu différente de celle de l'islam, dont l'apologétique n'a guère qu'une seule base, le succès. L'islam est vrai; car Dieu lui a donné la victoire. Iahvé est le vrai dieu par preuve expérimentale; il donne la victoire à ses fidèles. Un réalisme brutal ne laissait rien voir au delà de ce triomphe du fait matériel. Mais qu'arrivera-t-il le jour où le serviteur de Iahvé sera pauvre, honni, persécuté pour sa fidélité à Iahvé? Ce qu'aura, ce jour-là, de grandiose et d'extraordinaire la crise de la conscience israélite se laisse dès à présent entrevoir.