LE TEMPLE
Salomon ne compte pas dans l'histoire de la théologie et du sentiment religieux en Israël, et pourtant il marque dans l'histoire religieuse un moment décisif; il donna une maison à Iahvé. Comme son père, Salomon tenait Iahvé pour le dieu protecteur d'Israël ; il l'honorait dans tous les endroits consacrés, faisait des offrandes sur les points élevés, y brûlait de l'encens. Le haut-lieu le plus renommé à cette époque était celui de Gabaon. Salomon s'y rendait souvent, y faisait de superbes sacrifices *. C'est là que la légende plaça le songe où Iahvé lui aurait donné la sagesse. Le peuple
1. I Rois, m, 4; II Chron., i, 3, 13. Cf. I Chron., xvi, 39 ; xxi, 29. L'auteur des Chroniques, embarrassé du tabernacle créé par les additions les plus récentes de l'Hexateuque, prend le parti bizarre de réléguer ce prétendu temple portatif à Gabaon.
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sacrifiait de son côté sur tous les hauts-lieux.
La légère tendance raisonnable que David porta dans le iahvéisme, Salomon paraît l'avoir continuée. Il ne consulte jamais Iahvé par Yurim et tummim ni par les prophètes. Le songe seul est tenu par lui pour significatif1. Or le songe, moyen tout personnel de se mettre en rapport avec Dieu, supprimait le lévi et tous les ustensiles des vieux oracles. C'était la révélation par excellence de l'âge élohiste, tel qu'il nous est représenté par le livre de Job, âge où l'homme voyait les visions de Dieu directement, sans intermédiaire d'homme ni mécanisme quelconque. Aussi les prêtres et les prophètes sont-ils fort abaissés sous Salomon. Les prêtres sont de simples fonctionnaires du roi; les prophètes sont réduits à cacher leur mécontentement contre tout ce qui se fait et à murmurer en secret. Le roi, comme élu de Iahvé, occupe seul, en religion et en toute chose, le premier rang dans la nation.
L'arche était toujours à côté du palais royal, dans une situation provisoire. La tente qui l'abritait devenait, chaque jour, de plus en plus un sanctuaire palatin, où résidait la principale force de la royauté. Salomon y faisait de beaux sacrifices (plolh