‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 5)Chapitre 142 sur 251 · Voir t. m, p. 393 et sui · texte numérisé non relu

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prit une physionomie assez profane. On y recevait les arrivants, on y faisait connaissance, on se demandait des nouvelles des absents. La puissance d'association des Israélites, qui maintenant encore est leur trait caractéristique, tenait à cette vie intérieure, pleine d'amour et de haine, qui, justement parce qu'elle n'avait rien à faire avec la politique, était d'une intensité extrême dans l'ordre moral et social. Le nouveau venu qui avait été une fois à la synagogue était connu, appuyé. Les synagogues s'écrivaient, s'envoyaient des lettres de recommandation *. C'était une vaste société secrète, comme une franc-maçonnerie embrassant déjà la partie orientale du monde méditerranéen, et dont les voyageurs ', les propagateurs d'idées religieuses se trouvaient admirablement bien. Les synagogues furent le moyen de fondation du christianisme. Jusqu'à nos jours, elles ont été la force du judaïsme, la force qu'on lui envie, la cause de ces calomnies de jaloux auxquelles il n'y a qu'un mot à répondre : Faites-en autant.

i. ÉTTKrrcXat TjffTXTtxal de saint Paul et saint Jacques. \o\r Orig, du christ, 111, p. 228 et suiv. ; U5.

2. L'Yémen de nos jours présente quelque chose d'analogue. Les Israélites seuls peuvent y voyager, en allant de synagogue en synagogue, avec des lettres de recommandation.

Le samedi était le jour naturellement désigné pour les réunions synagogales* Le jour de repos fut un jour consacré aux choses de l'âme, et, comme il était convenu que la Thora renfermait toute sagesse, la lecture et la méditation de la Thora devinrent une sorte d'obligation hebdomadaire ^ Étudiée ainsi en commun, la Loi était un aliment d'une merveilleuse efficacité. Bientôt les Prophètes vinrent s'y joindre et apportèrent un élément d'excitation plus grand encore ^ Ce n'est que plus tard qu'on divisa la Thora en paraschas ou sections, disposées de manière à ce que la lecture totale fût achevée en trois ans ou en un an *. Comme les dimanches du moyen âge furent distingués par les premiers mots de l'introït de la messe, on distingua les sabbats par les parschioth et les niftaroth qu'on y lisait. La lecture était faite par des membres de la synagogue, qui se relayaient % tant on avait horreur de constituer dans les synagogues des charges officielles et un sacerdoce attitré.

La lecture de la Loi était suivie d'une traduction

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