Voir ci-après» p
75 avant Jésus-Christ, écrivant sur toutes sortes de sujets, s'occupa aussi des Juifs et composa un liepl ioy^at'wv*. GeïlBpl iov^aicdv était un recueil d'extraits fait sans discernement ^ Alexandre n'eut pas la main heureuse ; il tomba sur la faible littérature dont nous venons de parler. Presque toutes les données apocryphes qu'on répéta sur les Juifs furent empruntées à Polyhistor; c'est par lui, ou si Ton veut par Clément d'Alexandrie et Eusèbe, qui taillèrent dans sa compilation, qu'elle fut sauvée de l'oubli qu'elle aurait si bien mérité.
L'intention apologétique se mêlait presque toujours à la composition de ces écrits. En face d'un public malveillant ou ignorant de leur passé, les Israélites étaient portés à la vanterie. La fréquentation des écoles grecques, d'ailleurs, leur faussait
1, U parla, en outre, des Juifs dans ses autres écrits.
2. Une forte oJjjection contre l'authenticité du Ilepi ïou^aîwv est que Josèphe en ignore l'existence. La citation Ant., I, xv n'est pas prise du nspl iou^'atwv. On se demande donc si le iiepl îouiïaîwv ne serait pas né, comme l'Exégèse d'Aristobule, dans le monde des apologistes du ii« siècle de notre ère, non loin du milieu où vivait saint Justin. Dans cette hypothèse, tous les auteurs cités dans le llspl 'loueJ'aîwv seraient fabriqués par l'auteur même de la compilation apocryphe. Cela est très difficile à admettre à cause des consonances qu'ont ces auteurs dans Josèphe (Contre Apion, I, 23; *aXnp8uç peut être une addition marginale passée dans le texte).
l'esprit. Fiers de leur littérature nationale comme ils Tétaient, et mis au courant de Tancienne littérature grecque que les grammairiens d'Alexandrie connaissaient si bien (c'était le temps d'Aristarque, de Cratès de Mallos), les Juifs ne pouvaient manquer de comparer, et, naturellement, ils donnaient la préférence aux œuvres de leurs pères. Ils soutenaientquelesécritshébreuxétaientles plus anciens, ce qui était vrai; mais ils en produisaient de bien mauvaises raisons. La grande objection des Hellènes était le peu de place que les Juifs occupaient dans les écrivains classiques de la Grèce, les seuls qui méritassent confiance *. Pour réparer ce silence, qui nous étonne aussi, on inventa de toutes pièces une série de citations à l'avantage d'Israël. On soutenait que les anciens Grecs avaient connu et estimé les Juifs, qu'ils en parlaient comme d'un grand peuple, qu'ils en rapportaient des choses infiniment honorables. Tous les patriotismes intenses commettent de ces atteintes à la vérité. On citait, en particulier, Théophile, Théodote, Mnaséas, Aristophane, Hermogène,Evhémère, Conon, Zopyrion, Démétrius de Phalère'.On avouait bien que ces mentions d'Israël dans l'antiquité grecque