Le nom du Ouadi es-Syr en a conservé la trace
LES JDIFS SODS LA DOMINATION GRECQUE. 275
fait sa fortune par la faveur égyptienne ; voyant la domination séleucide s'affermir et devenir définitive, il craignit d'être livré aux ressentiments des Arabes, et il se donna la mort (vers 175).
Un Juif se suicidant était un grand signe des temps. Aux yeux de Tancien iahvéisme, c'eût été là un crime et une absurdité. Hyrcan fils de Joseph fut sans doute un de ces Juifs que les mœurs grecques avaient pénétrés. Jamais les suicides n'avaient été plus fréquents qu'à cette époque; la politique était impitoyable, et on devançait presque toujours ses arrêts*. Hyrcan est bien le Juif matérialiste dont la vie se résume en vanité. Son palais inachevé dans le désert est comme une page de Job, une lamentation sur la vie, une plainte contre Dieu, qui, soucieux de sa seule grandeur, a fait la destinée humaine si chétive, si absurde, si misérable.
L'Ecclésiaste ne serait-il pas de ce temps? Il est sur qu'Aaraq el-Émir est l'endroit ou le Kohéleth a toute sa vérité, tout son prix. Hyrcan dut être l'homme le mieux placé pour comprnedre l'état d'âme d'un Salomon désabusé. Attendons cependant. Le fanatisme n'a pas encore brûlé le sang du