‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 5)Chapitre 199 sur 251 · II Macch., VI, 18 et siiiv · texte numérisé non relu

II Macch., VI, 18 et siiiv

4. II Uacch.. vii, 1 et «uiv. Corap. re (ju'oii appelle le IV* livre

de ces récits qui devaient faire la fortune du christianisme*. Les Actes des Martyrs, comme toutes les branches de la littérature chrétienne, ont leur racine en Israël.

L^ébranlement terrible qu'un état de choses aussi tragique dut causer dans la conscience du pauvre Israël se traduisit sans doute en prières ardentes, en élégies. La forme de Télégie et de la prière, en Israël, c'était le psaume. Il se produisit donc sûrement des morceaux de ce genre, qui peut-être furent écrits ^ Mais de pareils morceaux figurent-ils dans le recueil actuel des Psaumes? C'est un des points sur lesquels il est le plus difficile de se prononcer. L'âme d'Israël n'était pas changée ; mais la langue était changée, et nous croyons que des pièces composées au temps d*Anliochus ne seraient pas si difliciles à discerner des pièces classiques plus anciennes ^

des MacchaJjées, Orig. du Chrisï., V, 303 et suiv. Sur les textes juifs, voir Zunz, Die gottesdienstlichen Vortràge der Juden, p. 124.

1. Les invraisemblances sontiesmêmes : Antiochus présidant aux supplices, etc.

2. On en trouve des traces dans I Macch., i, 25 et suiv. , 38 et suiv.; II, 6 et suiv. ; 51 et suiv.

3. Les Psaumes XLiv, Lxxiv, lxxix, lxxxiii, surtout, conviennent parfaiieiï.ent à ce temps; mais, après tout, rien ne s'oppose à ce qu'ils soient plus anciens, ces anavim s'étant sou-

Le siècle n'était pas littéraire; la langue était plate et abaissée. C'est dans Tordre des sentiments et des opinions religieuses que les modifications les plus importantes s'effectuaient. Israël chassait sur ses vieilles ancres. Les anciennes positions n'étaient plus tenables. L'espèce d'horizon fermé qu'Israël avait eu jusque-là devant les yeux devait à tout prix ôlre reculé. Des rêves d'infini, barrés par un mur, voilà ce qu'a fait jusqu'ici Israël. Le

vent trouvés danâ des situations analogues. Ces psaumes sont de la plus belle langue classique, du style le plus relevé, souvent (lxxiv surtout^, pleins d'obscurités et de fautes de copistes. Or la langue, à l'époque des Macchabées, était extrêmement abaissée et le génie poétique perdu; le style est plat, prolixe à la façun araméenne, n'offrant jamais aucune difficulté quand l'auteur ne fait pas exprès de contournor sa pensée. On en peut juger par le livre de Daniel, par les pièces originales qu'on entrevoit derrière le premier livre des Macchabées, par les cantiques que la rhétorique de ce temps s^rae à tout propos et dont le ton est si faible. Notez surtout la fade prière, Dan., ix, i et suiv.; Cnmp. les cantiques du ch. m. Si l'époque des Macchabées avait produit des psaumes, ces psaumes formeraient un groupe reconnaissable dans l'un des cinq livres qui composent le recueil actuel, ou plutôt ils formeraient un recueil à part qu'on n'eût pas attribué à David. Le Psautier de Salomon, peu postérieur aux Macchabées, a-t-il pu jamais être confondu avec le psautier davidique? Tout porte à croire que le recueil canonique des Psaumes était clos et mi-me traduit en grec à l'époque des Macihabées (Sirach., prol. et XLVii, G et suiv.). 11 s'ajoutait encore des livres à la fin du volume biblique (Daniel, Ecclésiaste, Lamentations); mais le volume ancien ne se desserrait plus ; on n'osait plus y

mur va tomber : Israël va enseigner au monde rimmorlalité qu'il a ignorée jusqu'ici et que même il n'a jamais dogmatiquement professée.

rien introduire. Le style de la traduction grecque des Psaumes est uniforme; cette traduction est l'œuvre d'un même écrivain. Les psaumes macchabaïques, s'il y en avait, trancheraient sur le reste, dans le grec comme dans l'hébreu. Ajoutons que le psaume qui paraît le plus macchabaïque, le psaume Lxxiv, est cité dans le premier livre des Macchabées (ch. vu, 16-17), comme un vieux texte prophétique. Comparez l'allusion àPs. xcii, 8, dans 1 Macch., ix, 23. Disons aussi que le Psautier de Salomon suppose le Psautier canonique clos et attribué tout entier à David.

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