‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 5)Chapitre 215 sur 251 · Ch. VII et suiv · texte numérisé non relu

Ch. VII et suiv

3. Dans le symbolisme des Apocalypses, quand une téie cornue désigne un empire, chaque corne désigne un souverain.

milieu de torrents de lumière; des myriades de myriades Tentourent; le tribunal prend place, les livres sont ouverts. La bête aux dix cornes est* tuée ; son cadavre jeté au feu. Alors apparaît dans le ciel un être surnaturel semblable à un fils de l'homme*, c'est-à-dire à un homme; on l'amène devant le vieillard. A lui est donné l'empire éternel, pour que tous le servent; son empire est un empire sans vicissitudes, qui ne passera point; sa royauté durera durant les siècles des siècles.

Quand viendra ce grand jour du jugement divin? Ici Tauteur à dessein se fait énigmalique. Sa combinaison numérique, cependant, paraît signifier trois ans et demi ^ un terme assez rapproché en tout cas. Encore un peu de patience, et l'empire éternel sera inauguré.

Cet empire, figuré non comme les autres par des formes bestiales, mais par la plus belle des formes, la forme humaine, c'est l'empire juif, l'empire des saints. C'est aussi, si l'on veut, l'empire du Messie, représentant éternel du royaume juif triomphant. L'expression « Fils de l'homme »

1. Dans le langage du temps, surtout dans les langues araméennes, Dix-p ou JLuI;.^ veut dire simplement c homme >.

2. Ch. vu, 25. Comp. Apoc., xi, 2; xii, 14; xiii, 5, où ladite formule est interprétée par quarante-deux mois.

fut bientôt mal comprise, et devint synonyme de Messie, si bien que « Fils de l'homme y> fut^ dit-on, le nom par lequel Jésus se désigna*. Le contresens et Téquivôque sont les procédés générateurs des dogmes. Pour l'auteur du livre de Daniel, qui n'a qu'une idée vague du Messie, le « Fils de l'homme », c'est avant tout le royaume sacré qui va s'établir à Jérusalem, quand les révoltés groupés autour de Juda Macchabée auront détruit l'empire séleucide. Ce sera alors l'État définitif du monde, où la justice régnera.

Dans une autre vision", un bélier représente l'empire perse. Un bouc accourt de l'Occident, sans toucher la terre, tue le bélier, le piétine. C'est Alexandre, dont l'empire se partage en quatre royaumes. De l'un de ces quatre royaumes sort un souverain fou d'orgueil, qui veut faire la guerre à Dieu, abat son sanctuaire, massacre les saints, fait cesser le sacrifice quotidien. Jusqu'à quand durera cette période d'horreur, ce règne de l'idole abominable^? Ici la durée du scandale est fixée à deux mille trois cents soirs-matins (le tamid étant célébré le soir et le matin); ce qui fait mille

Page 1