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De \)aûiel à saint Paul et aux Évangiles, la théorie du « Messie » se complétera par Tadjonction d'éléments essentiels. Le mot de « Messie » n'est pas dans Daniel*. La singulière expression de « Fils de l'homme^ » n'a pas encore ici son sens mystique. Ce que le livre de Daniel a bien en propre, c'est l'Homme vêtu de lin% le grand ange révélateur des chapitres x, xi, xii. Cet ange ressemble bien au génie suprême des elchasaïtes, d'Hermas, à l'ange vénérable des gnostiques, qui n'est pas Dieu, mais qui sert d'intermédiaire entre Dieu et le monde et est toujours conçu sous forme humaine. Le monothéisme fléchissait et perdait son antique raideur. Une sorte de polythéisme ou de mythologie, composée au moyen des anges et des hypostases divines, gagnait du terrain; des personnages surnaturels, qui ne sont pas Dieu, prenaient consistance. Ils s'appelleront plus tard le Fils, le Verbe, le Christ; mais il faudra bien des siècles pour qu'on ose les égaler au Père, a: L'Ancien des jours* » trône encore pour longtemps; le
1. Le mot n^l^D, ix, 26, ne se rapporte pas au Messie; il désigne l'autorité (probablement sacerdotale) de la Judée. niS^ ne veut pas dire occidetuVy mais « sera supprimé >.