‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 5)Chapitre 245 sur 251 · Kat r.fxvtat toIk âoioiî; i^ 'lapa-nÀ · texte numérisé non relu

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qu'on donnait pour le fils d'Antioclius Épiphane, se fit proclamer par la garnison d'Acre. Jonathan sut habilement profiter de la guerre assez longue qui s'ensuivit pour se faire octroyer par les deux souverains des augmentations de pouvoir. Démétrius lui accorda la permission de lever des troupes et de reprendre les otages que Bacchide avait fait enfermer dans Akra. Jonathan entra dans Jérusalem, où l'autorité asmonéenne avait cessé d'exister en fait depuis dix ans, leva des troupes, se fit livrer les otages. La terreur y reparut avec lui; tout ce qui avait été opposé à la révolte dut fuir pour éviter la mort. La citadelle d'Akra et la place de Bethsour restaient seules aux Syriens. Là il y eut d'énergiques résistances. Les apostats et les hellénistes transfuges étaient renfermés dans ces épais murs et craignaient pour leur vie s'ils tombaient entre les mains de Jonathan.

Bala, de son côté, cherchait à enchérir sur son rival. Il envoya à Jonathan une lettre ou il l'appelait son frère, lui offrait son amitié, lui demandait la sienne, lui donnait le souverain pontificat, lui annonçait Tenvoi d'une robe de pourpre et d'une couronne d'or. Au reçu de la lettre, Jonathan revêtit la robe pontificale, pour officier à la fête des ta-

bernacles, qui allait commencer. Il ne perdit pas de temps non plus pour rassembler une armée et se faire fabriquer des armes. Le fait était accompli. Ce que n'avait pu le courage de Juda Macchabée, les divisions du royaume de Syrie le réalisèrent. Jonathan, vers la fin de 152, est à très peu de restrictions près, souverain de la Judée*.

La dignité de grand-prêtre, en effet, était bien celle qui pouvait rallier toutes les dissidences du peuple juif, devenu étranger à l'idée de la royauté. La suite montra que c'était là un mal énorme. La dynastie asmonéenne périt par ce cumul contre nature du pouvoir militaire et du pouvoir sacerdotal. C'était là, d'ailleurs, un manquement formel à la Loi, qui exigeait - le grand-prêtre fût de la famille d'Aaron. Mais, au temps où nous sommes, aucune autre solution n'était possible. Depuis la mort d'Alcimus, il n'y avait pas eu de grand-prêtre. Il est douteux qu'Alcimus fût de la vieille race sadokile ; en tout cas cette race n'occupe plus le pontificat après lui; elle est remplacée par la race fondée par l'héroïsme de Mattathiah. Lefils d'OniaslII n'avait jamais été reconnu en Judée. Ce dernier des Sadokites eut alors une

1. 1 iMacch., X, 1 et suiv. , Jos., Ant., XIII, i et suiv. Les titres qui lui sont donnés sont ceux de orparv^ô; et (xtpidrzpx^c-

idée singulière (150 av. J.-C); ce fut de se faire concéder par le roi d'Egypte la permission de bâtir un temple semblable à celui de Jérusalem * à Léontopolis, dans le nome d'Héliopolis% conformément à un passage d'Isaïe^ qu'il entendait à sa guise. Ce projet puéril n'eut qu'un très médiocre succès. Jérusalem était indétrônablç. Le petit pastiche égyptien vécut cependant, comme tous les établissements religieux auxquels sont attachées des questions pécuniaires, jusqu'au i'" siècle de notre ère.

Démétrius fit à Jonathan des offres supérieures encore à celles de Bala; mais, peu après, il fut vaincu et tué. Jonathan figura fastueusement, à Acre, aux noces de Bala et de la fille de Ptolémée Philométor (printemps de 150). Ainsi le courage de Macchabée et de tant de héros juifs n'avait servi qu'à donner un comparse de plus à un monde ignoble. La vie que menait Bala en Phénicie était la chose la plus honteuse qu'on eût vue jusque-là. Puis les compétitions, les trahisons se croisent de toutes parts: on se disputait les lambeaux d'un

1. Jos., Ant., XIII, III, 1-3; B. /., I, i, 1; VII, x, 2-4, Mischna, Menahoth, xiii, 10.

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