‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 5)Chapitre 50 sur 251 · Ps. XLV · texte numérisé non relu

Ps. XLV

plume que la vie tout à fait pauvre de Jérusalem ne permettait guère. La longueur du temps y aida beaucoup. Près de cent ans s'écoulèrent avant que le judaïsme oriental cessât d'envoyer à Jérusalem des renforts souvent plus énergiques que la partie déjà réintégrée. D'importants changements intellectuels et moraux se produisirent durant cet intervalle. Le calme de l'Orient sous ces longs règnes prospères de Darius, deXerxès, d'Artaxerxès Longuemain permit des développements sédentaires suivis. Les rapports avec l'Iran furent très peu considérables. Les grandes évolutions de la religion iranienne sont postérieures au moment où nous sommes. Un seul emprunt, une fête profane, celle du nouvel an *, fut fait, à cette époque ancienne, aux habitudes de la Perse \ Israël, comme au temps de la captivité, se renfermait obstinément dans sa littérature, dans son passé.

La proximité du pouvoir achéménide central faisait surtout l'avantage des Juifs d'Orient. Suse et les anciennes capitales étaient des sources de faveurs et de richesses, que le Juif ne négligeait pas. Être le chef d'une grande maison féodale,

i. Voir ci-après, p. 160.

2. Les noms d'Anges, Asmodcc, etc., sont des emprunts plus tardifs. La démonologie du Ps. xci est douteuse.

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le canal par lequel tout entrait et tout sortait, passait pour la position la plus enviée. Les grandes fonctions n'étaient ouvertes qu'à la race conquérante ; mais Tadministration disposait de places sans nombre, où le rdia, surtout le sofer sémitique, versé dans l'écriture araméenne*, trouvait des emplois lucratifs de sa diligence. Ainsi, vers le milieu du iV siècle, un certain Néhémie, fils de Hakaliah, Juif très pieux, fit sa carrière dans les sous-préfectures. L'an 445 avant Jésus-Christ, il arriva d'Orient en Judée avec le titre de péha de Jérusalem et des pouvoirs qu'il disait très étendus, de la cour de Suse^ Ce fut pour les rigoristes une bonne fortune; car Néhémie, comme tous les Orientaux, appartenait à la plus stricte observance et apportait avec lui un plan arrêté de réformes dans le sens le plus conservateur.

1. Clermont-Ganneau, J?eî)Me archéol.^ août 4878, p. 93-107. Corap. Corpus insc7\ semit., 2" partie, n*^ 144 et suiv.

2. n exista des Mémoires de Néhémie, où Néhémie parlait à la première personne, et qui, entre les mains de Tauteur des Chroniques, sont devenus le livre connu sous le nom de Livre de Néhémie ou second livre d'Esdras. Pourohtenir la composition originale, il faut, du texte actuel, défalquer les ch. vill, ix, x, qui firent partie des Mémoires d'Esdras (voir ci-dessous, p. 97, note 1 ; 1 19, note 1) et quelques additions de l'auteur des Chroniques: dans le ch.xii, les versets 1-26 et 44-47; dans le ch. xili, les versets 1-3. Le style des Mémoirei de Néhémie a des particularités notables, comme

Ce Néhémie, peut-être eunuque*, avait fait sa petite fortune dans la domesticité de la cour achéménide sous le règne d'Artaxerxès Longuemain. D'après un récit qui paraît provenir de lui-même, mais où l'on sent trop clairement le désir de se faire valoir selon les idées juives du temps, il aurait été échanson à la cour, et c'est dans l'exercice de ces fonctions qu'il aurait trouvé moyen de servir sa race. La domesticité était, dans l'empire achéménide, comme elle l'a toujours été dans l'empire ottoman, la voie ordinaire pour arriver aux fonctions administratives. D'un autre côté, cette façon de profiter des services de valet pour parvenir à une haute position est un trait particulier trop caractéristique des historiettes juives du temps S pour qu'on puisse prendre de telles assertions fort au sérieux. La bassesse orientale s'accommodait bien

de ne jamais employer le nom de lahvé. L'authenticité de cet écrit, malgré ce qu'il a de ronianosque, est Meii moins improbable que celle des mémoires d'Esdras. Voir surtout ch. ni, ch. VI. S'il y a entre les Mémoires d'Esdras et les Mémoires de Néhémie un lien d'imitation, c'est Tauteur des Mémoirea d'Esdras qui aurait imité ceux de Néhémie, bien plutôt que l'auteur des Mémoires de Néhémie qui aurait imité ceux d'Esdras. — Plus tard, le rôle de Néhcmie fut singulièrement grossi. On fit de lui, comme d'Esdras, un chef de retour (II Macch., i, 18; Cf Sirach., xlix, 13 (grec).

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