CHAPITRE VII
ADMINISTRATION DE NEHEMIB.
Souvent les dévols, les bigots même, sont de bons administrateurs; car Tesprit d'exactitude matérielle, qui est un guide trompeur en religion, est une qualité en fait de gouvernement. Néhémie paraît avoir été un bon préfet de Judée, selon les idées qui, depuis Ézéchiel et les rédacteurs lévitiques, représentaient le droit constitutionnel de la nation. La croissance bizarre de Jérusalem donnait lieu à des difficultés particulières. La nouvelle ville était renfermée dans le môme périmètre que Tancienne; mais, comme la population était bien moindre, il y avait beaucoup dévides à Tintérieur. On bâtissait très peu de maisons. La voie où s'engageait Juda, exclusivement gouverné par ses exaltés, devenait déjà malaisée. L*impôt d'"; h la Perse
était lourd ; les corvées, les réquisitions se multipliaient sans cesse*. Une foule de gens vivaient à Jérusalem, qui n'en avaient pas les moyens. Néhémie, pour remédier au mal, établit quelques règlements singuliers\ Jérusalem fut considérée comme une ville aristocratique, où l'on ne demeura que par privilège. Les chefs du peuple, sans distinction de laïques, de prêtres ou de lévites, y eurent de droit leur domicile; quant au reste de la population, on tira au sort. On n'admit qu'un sur dix Judéens dans la ville sainte; les neuf autres restèrent dans les bourgades. On félicita fort ceux qui furent ainsi choisis. Les poésies de ce temps sont pleines de l'ardent amour de Jérusalem. Y résider, c'est le bonheur; les faveurs de lahvé sont à ceux qui y séjournent. C'est d'ailleurs une si belle ville ! Ses maisons forment un tout compacte qui se défend par lui-même \ •
Quelle joie quand ont m'a dit :
« Nous irons à la maison de laîivé I »
Mes pieds fouleront tes portiques, Sainte Jérusalem !