LES SAMARITAINS
Depuis le retour des exilés de Babylone en Judée, les iahvéistes de Tancienne tribu d'Éphraïm ne cessèrent de faire des instances d'une parfaite bonne toi pour nouer une véritable union religieuse avec Jérusalem. Samarie (rancienne Someron) continuait d'être le centre de ces restes authentiques, mais mal gardés, de Tancien Israël. La situation politique et sociale de ces gens que TAssyrie n'avait pas écrasés était meilleure que celle des pauvres colons de Judée . Mais V organisation sacerdotale de ces pays, restés en dehors de l'action de Jérémie, était très faible. Ils n'avaient qu'une idée vague de laThora; les prophètes leur étaient inconnus; il ne possédaient, à ce qu'il semble, aucune écriture sacrée. Grâce aux relations amicales des pria-
cipaux de Samarie avec Éliasib et les familles sacerdotales, cette lacune fut comblée. La Thora, telle qu'elle résultait des derniers remaniements, passa de Jérusalem à Samarie. Les scribes de Samarie la transcrivirent en y introduisant quelques variantes d'atténuation. Leur écriture avait gardé un beau caractère archaïque, tandis qu*à Jérusalem, on se laissait aller aux caprices d'une écriture cursive, prêtant à toutes sortes de confusions. Là est l'origine de ce Pentateuque samaritain dont il existe encore quelques copies assez anciennes.
Le livre de Josué ne faisait pas partie de la Thora qu'empruntèrent les Samaritains. Il semble pourtant qu'ils ne négligèrent pas un texte si important. Ils le reçurent comme un livre distinct de la Thora*, puis y firent de nombreuses additions concernant leur histoire et leurs traditions fabuleuses^ Quant aux Prophètes, les Samaritains se privèrent de ce joyau de la littérature hébraïque. La raison en est simple. Israël, dans les Prophètes, est maltraité ou subordonné à Juda. Les réformes prophétiques étaient ce qui séparait profondément