‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 176 sur 280 · Lcx., aux mots Dm"» et '7X · texte numérisé non relu

Lcx., aux mots Dm"» et '7X

conquérantes, fondé sur des généalogies qui devenaient chaque jour plus précises et mieux gardées. L'immutabilité de la propriété territoriale fut posée en principe pour la famille. A défaut d'enfants mâles, il fut admis que les filles hériteraient des terres conquises*. Encore un pas, et la possession de la terre sera considérée comme une assignation faite une fois pour toutes à chaque famille par lahvé, qui a doté les siens en prenant aux autres ce qu'ils avaient planté et semé". C'est l'éternel principe de la conquête, admettant comme légitimes toutes les violences à l'origine, et prétendant avec cela fonder pour l'avenir un droit qu'on ne pourra plus attaquer sans être sacrilège. Et les dieux viennent toujours pour consacrer le larcin.

Dans ces années de conquêtes, beaucoup d'héroïsme fut déployé. Israël est tellement devenu pour nous une tribu sainte, que nous avons peine à concevoir les ancêtres de Jérémie, d'Esdras, de Jésus, de Juda le Saint, comme des Achille et des Ajax, ou, si l'on veut, comme des Imroulkaïs et des Antar. Eh bien, cependant, Israël a eu son âge d'entraînement guerrier. Dans ces luttes séculaires contre Chanaan , il y eut des incidents, des aven-

i. Les cinq filles de Sciofhad. Nombres, xxvii»xxxvL 2. Deul., VI, iO etsuiv.

âô8 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL.

lures sans nombre. Ces périlleuses campagnes, ces ingénieuses prises de villes, ces stratagèmes qui nous semblent cousus avec du fil blanc, mais qu'alors on trouva très subtils, complétèrent l'épopée commencée au delà du Jourdain. Mille récits, pour la plupart légendaires, célébrèrent les ruses de Josué, l'audace de Caleb, la prise de Jéricho, l'incendie du Aï.

De tout cela se forma un véritable cycle épique, dont les branches se conservèrent dans la tradition orale, pendant des siècles. Chaque ville, chaque province eut sa légende. Ce fut l'analogue des Fotouhj ou victoires initiales de l'islam, devenues ensuite un prétexte pour toutes sortes de fables ou d'exagérations*. Ce fut surtout l'analogue de la poésie arabe anté-islamique. L'usage des Israélites, comme des anciens Arabes, était à chaque circonstance solennelle ou caractéristique, surtout à propos des batailles, d'en frapper en quelque sorte la médaille par un cantique que le peuple chantait en chœur et qui restait plus ou moins gravé dans la mémoire des générations. La mémoire, dans ces siècles reculés, î\ntérieurs à récriture, était capable de miracles. Ces chants for-

Page 1