‹ Histoire du peuple d'IsraëlChapitre 215 sur 280 · Mannssé · texte numérisé non relu

Mannssé

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LES BENI-ISRAËL A L'ÉTAT DE TiîlDCS FIXÉES. 21&

Alors les sabots clos clievaux martelèrent le sol, Au galop, au galop des braves.

Le torrent de Kison les a entraînés.

Le vieux torrent, le torrent de Kison*.

Maudissez Méroz, dit le maleak de lahvc; Maudissez, maudissez ses habitants;

C ir ils ne sont pas venus au secours de lahve, Au secours de lahvé, parmi les héros.

bénie soit, entre les femmes, Jaël,

La femme de Héber le Kénite!

Entre les femmes de la tente, bénie soit-elle !

11 lui a demandé de l'eau;

Elle lui do:inc du lail,

Dans la jalle d'honneur elle lui présente la crème.

Elle étend sa main vers la cheville.

Sa droite vers le maillet des travailleurs, Et elle martelle Sisera, elle écrase sa tète. Elle broie, elle transperce sa tempe.

Entre ses pieds il s'affaisse, il tombe, il se couche ;

Entre ses pieds il s'affaisse, il tombe ;

Là où il s'est affaissé, là il tombe atterré.

Par la fenêtre, on regarde, on crie;

1. .Ulusion peut-être à une pluie qui aurait gonflé le Kison, Le Kison, en temps ordinaire, a très peu d'eau.

C'est la mère de Siscra..., par le treillis; € Pourquoi son char hésite-t-il à venir? Pourquoi ce retard aux pas de ses quadriges? » Les plus sages de ses femmes lui répondent, Et elle-même se renvoie ses propres paroles : « C'est qu'ils ont gagné, qu'ils partagent le butin :

> Une esclave, deux esclaves par tête d'homme ^ !... » Un lot d'étoffes teintes à Sisera!...

> Un lot d'étoffes teintes ! une broderie !...

» Une étoffe peinte, deux broderies pour le cou de la dame ' ! »

Ainsi périssent tous tes ennemis, lahvé, Et que ceux qui t'aiment soient comme le soleil, quand ij sort

[en sa force!

Ce beau morceau, œuvre de la prophétesse, fut appris de mémoire et devint le modèle que l'on imita dans les chants de ce genre. Plus tard, on l'écrivit, et on l'inséra dans le Kitah el-Aghâni d'Israël. Sans doute il subit ainsi bien des altérations. Des traits piétistes purent être ajoutés; beaucoup de passages devinrent obscurs par la faute des copistes; mais l'originalité du vieux sir hébreu brille encore, h travers toutes ces dégradations, d'un éclat sans pareil.

1. C'est la criée du butin, que la mère de Sisera croit entendre.

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