Jugos, ch. XIV, XV, XVI
gèmes de guerre. Il y avait des épisodes pour l'étonnement, d'autres pour le gros rire. Sa force résidait en une chevelure puissante qui lui couvrait la tête ; mais il était faible pour les femmes ; chaque perfidie de celles-ci le trouvait sans défense. Une drôlesse du pays des Philistins l'endormait sur ses genoux et lui coupait les cheveux. Devenu l'esclave et le jouet des Philistins, il finissait par se tuer et les , tuer avec lui.
Tout cela était raconté avec de longs détails, et charmait l'auditeur. Simson fut, durant des siècles, l'Antar des Israélites.Plus tard, quand il s'agit d'insérer dans la série des livres saints cette histoire, à beaucoup d'égards peu édifiante, on y fit d'étranges corrections. On transforma le burlesque héros de Dan en unjuge respectable de tout Israël. On mit en tête de son histoire une annonciation, où Simson naissait, comme tous les hommes providentiels, d'une femme stérile, La circonstance, primitivement toute naturaliste, de la force résidant en la chevelure, fut expliquée par un vœu. Simson fut censé avoir été tiazir. Selon le vœu, le rasoir ne devait point passer sur sa tête. Par la ruse de Dalila, le vœu était rompu, et le pacte de lahvé avec son hercule n'avait plus de base.
Tout le cycle de Simson se passe aux environs
3i8 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL.
d'une petite localité appelée Beth-Sémès, ou Ir- Sémès *, ou Har-Hérès, à six lieues environ de Jérusalem ^ Le culte du soleil, Sémès, qui était le culte local de ce pays, rapproché du nom de Sinison (diminutif, comme soliculus. soleil) a donné lieu à des rapprochements qui ne sauraient être négligés, mais dont on ne doit pas tenir trop de compte'. La mythologie pure n'était guère du goût des anciens Hébreux. Mais il n'était pas en dehors de leur esprit de tranformer en anecdotes héroïques des représentations figurées mal comprises. Supposons, dans le temple de Beth-Sémès, une représentation du soleil sous la forme de tête radiée ; on a fort bien pu considérer cette image comme une tête de gibbor, et dire que ce gibbor avait sa force dans ses cheveux (ses rayons)*; d'autant plus que l'on comparait souvent le soleil à un gibbor ^ Les Philistins (cariens ou pélasges) pouvaient certainement avoir introduit en ces contrées les mythes solaires et ceux d'Héraclès; mais, pour