‹ Histoire du priviláege de Saint-Romain (volume 2)Chapitre 40 sur 77 · SEIZIEME SIÈCLE · texte numérisé non relu

SEIZIEME SIÈCLE

Philippe De M ar tain ville, écuyer, de la paroisse de Soumont, près Falaise, âgé de 18 ans.

Thomas De Martainville , son frère.

Jean De Boissey.

Jean Destin.

Damp Nicolas De Garsalle, religieux dans l'abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives.

Me. Pierre De Garsalle.

Jean Levavasseur.

Thomas Legendre.

La femme de Thomas Legend^l

Pierre Le Mer y, prêtre. «i

Guillaume Le Mer y, prêtre.

Gouyart Barbier.

Richard Le Prévost.

Miciiaut Le Prévost.

GlROT BlLLEHEU.

Lambert Bardel.

Jean De Boissey, ami de Philippe et de Thomas De Martain- \ille, désirait épouser Marie De Martainville, leur cousine. La mère de cette dernière aurait consenti à ce mariage ; mais le père s'y refusait absolument. Dans un souper que firent les trois amis, à Saint-Pierre-sur— Dives , dans l'abbaye , avec les sieurs De Garsaile et d'autres jeunes gens , Boissey parla de ses désirs. Alors Damp Nicolle De Garsaile, religieux de l'abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives, dit aux sieurs De Martainville frères : « // ne tendra que à vous se monsieur De Boyssey n'a rostre cousine Marie en mariage. » On lui dit de s'expliquer; il parla , fut applaudi ; et, dans une abbaye , fut ourdi le complot d'un enlèvement qui fut exécuté le lendemain au soir. Les deux frères, ayant réuni dix ou douze personnes de résolution , ils se rendirent tous ensemble à Boissey, et entrèrent armés dans le manoir qu'habitait Marie De Martainville. Philippe De Martainville , seul, resta à faire le guet sur le pont du château. Bientôt survinrent ses compagnons , emmenant Marie De Martainville. On se rendit à laCaulde, où le sieur De Boissey et Marie De Martainville furent fiancés ; le lendemain , on alla à Cambremer , où le sieur De Boissey « espousa sa fiancée , sans bans. »

Les sieurs De Martainville, reconnaissans envers le chapitre, lui léguèrent une magnifique turquoise valant cinquante écus d'or, enchâssée en or , pour orner la fierté de Saint-Romain. Cette turquoise fut remise , le 16 juin i5o9 , au chapitre , qui la fit immédiatement attacher à la châsse du saint.

1502. MARQUET Durosc ; de la paroisse de Ratiéville près Clères, âgé de 30 ans.

Après avoir bu à la taverne du Caudcron , près l'église Saint-Michel , à Rouen , il alla jouer aux dés près de la porte Beauvoisine . Là il gagna quelques gros de Milan {grossos mediolanenses) à un nommé Chouquet, qui, outré de colère, lui donna un coup de poignard à la lèvre . Chouquet avait là beaucoup d'amis, et Dubosc ne put se venger, pour l'heure. Mais le lendemain, qui était un dimanche, il alla, comme pour se promener, à Saint-Georges , accompagné de son frère et de sept ou huit de leurs amis. En revenant le soir , ils rencontrèrent, dans le bois , Chouquet accompagné de quelques camarades. En ce moment , ils se bornèrent à s'injurier , à échanger quelques menaces. Mais plus tard , les deux bandes s'étant retrouvées à Croisset , les épées et les dagues furent tirées de part et d'autre. Marquet Dubosc, atteint d'un coup d'épée dans la cuisse , frappa et tua celui qui l'avait blessé ; son frère alla gagner franchise dans l'église de Saint-Vivien de Rouen; pour lui, il fut arrêté.

Etant au service , en Irlande , il avait tué , par mégarde , avec son arbalète , un capitaine irlandais.

Marquet Dubosc obtint la fierté. Son frère vint , le lendemain de l'Ascension , se présenter au chapitre , qui déclara l'élection commune aux deux frères et à leurs complices .

Les amis de Chouquet , qui , lors du conflit de Croisset , avaient tué des compagnons de Marquet Dubosc, étaient allés, immédiatement après ce meurtre , gagner franchise dans l'église du Mont-aux-Malades , près de Rouen . Après l'Ascension , ils firent présenter requête au chapitre , pour être nommés dans la pancarte de délivrance accordée à Marquet Dubosc. Le chapitre, considérant que les requérans étaient plutôt les adversaires du prisonnier délivré, que ses complices, résolut de ne rien innover , et décida que , conformément à

l'usage , ou mettrait dans la pancarte : « et ses complices »> en général; sauf aux magistrats , s'ils regardaient les requé-

rans comme complices , à les laisser jouir du privilège de saint Romain.

►3. Berthelot Lavayne , de Parçay , diocèse du

Mans , mercier-porte-balle.

Vers le commencement du carême , revenant de la foire de Dinan , il fut assailli , dans la foret de Saint- Aubin , par des brigands qui lui volèrent ses marchandises. Réduit par là à une extrême misère , il commit plusieurs vols au Pont-d'Ouilly, à A illers-Bocage, et, arrêté enfin, fut condamné à être pendu.

>i. Nicolas Raoullet, de Marest-Dampcourt près

Chauny, diocèse de Noyon, soldat.

Comme il allait , à pied , de Louviers à Dieppe , arrivé à Varneville , il pria des chasse-marées de le laisser monter sur un de leurs chevaux qui n'était point chargé. Sur leur refus , il eut une dispute avec eux , et, ayant reçu des coups de fouet, il tira son épée et tua l'un de ces chasse-marées.

1505. Jehan De Brébeuf, du diocèse de Cou tances. Pierre De Brébeuf, son frère.

Etant allés voir ensemble un héritage qu'ils avaient acheté dans le bailliage de Caen , un nommé Hébert , voisin de cette propriété , vint leur dire : « Vous avez achepté cest héritage ; mais , par le sang Dieu! vous n'en jouyréz de vostre vye. » De là une dispute entre eux , puis une batterie , dans laquelle Hébert fut tué d'un coup d'épée.

1506. Gillette De La Chapelle, née à Falaise, ser-

vante à La Fleu près Se'ez.

Etant accouchée clandestinement , un dimanche , elle étouffa son enfant, puis se rendit à la messe paroissiale, afin

de détourner tout soupçon . Mais , pendant son absence, la dame qu'elle servait monta à sa chambre et trouva dans le lit l'enfant étouffé. Gillette de la Chapelle fut arrêtée et conduite à Falaise, où elle fut condamnée à être brûlée vive.

1507. Henri Eudet, dit Lansterlin , né à Dieppe , âgé de 60 ans , marin.

Il avait commis une multitude de pirateries.

En i5o5 , étant en mer, avec plusieurs de ses camarades , sur le navire La Marle-G allant , ils avaient attaqué un navire d'Autriche , avaient tué une partie de l'équipage , et s'étaient emparés des marchandises. Sur la plainte de l'archiduc , deux des camarades de Henri Eudet avaient été pendus à Rouen . Pour lui , condamné à mort, comme eux, son habileté reconnue dans la profession de marin fut cause que le roi donna l'ordre de ne le point exécuter.

Dans sa jeunesse, jaloux d'un mousse dont on lui citait la conduite pour exemple , il avait pointé une couleuvrine contre lui , et l'avait tué .

Il avait pris part à un grand nombre de meurtres commis sur mer.

Il se disait clerc tonsuré , et se plaignait fort des juges de l'échiquier , qui prétendaient que , par ses pirateries , il avait encouru la déchéance du privilège de cléricature.

Jacques Hache , son complice, fut délivré aussi.

Guillaume De Martinboz , né à Lyons-la-Forêt,

âgé de §7 ans, soldat.

Des difficultés avaient eu lieu entre ses parens et un nommé Jehan Le Boullenger , relativement à un pré ; le père , la mère et les sœurs de Martinboz avaient été maltraités et frappés. Lui et ses frères en voulaient beaucoup à Le Boullenger. Un jour, Guillaume De Martinboz entend dire que son frère aîné est aux prises avec leur ennemi commun , et que les

opées sont tirées du fourreau. 11 y vole, suivi de quelques amis , et armé d'une eouleuvrine, dont il frappe si violemment le neveu de Le JBoullenger , que l'arme se détache de son manche. Aussi-tôt, il dégaine son épée , et en donne plusieurs coups à Le Boullenger; ce dernier s'enfuit, mais Martinboz s'acharne à sa poursuite, lui donne plusieurs coups , lui coupe une jambe, et, le voyant terrassé, lui porte encore deux ou trois coups qui l'achèvent. — Après ce meurtre , il se rendit à l'armée de Naples, où il perdit ses deux frères. Bientôt, s'étant mis à rôder par le pays avec quarante de ses camarades , et se trouvant sans ressource , ils vivaient à discrétion. Un hôte qu'ils n'avaient pas payé les dénonça à une bande de gascons qui se mit à leur poursuite. Ils se battirent. Martinboz tua un de ces gascons d'un coup de pique à la gorge .

Thomasse Hanyas, de Saint-Wast-sous-Esquiqueville.

Elle avait volé, dans le Pré-de-la-Bataille-lez-Rouen , six aunes de toile. Une autre fois , elle avait volé un corset dans une boutique.

Elle avait commis beaucoup d'autres larcins , pour lesquels elle avait été fouettée par les rues de Rouen , en vertu de trois ou quatre condamnations successives. A la joyeuse entrée de François Ier. à Rouen , elle avait obtenu remise d'une huitième ou neuvième condamnation.

Une autre fois , et à raison d'un autre vol , elle obtint sa grâce , par l'effet de la joyeuse entrée de la reine.

Elle avait volé , dans la cour de l'Albane , une tunique appartenant à un chapelain .

Elle avait été complice d'un meurtre commis près de Saint-. Wast , par son mari .

Condamnée par l'échiquier de Rouen à la peine de mort . son exécution avait été suspendue , mi son état de grossesse.

1510. Rorert Hamelin, âgé de â5 ans, né à Saint-

Denis-le-Thiboult près de Ry.

Il était apprenti tondeur de draps chez un nommé Rose , à Saint-Denis-le-Thiboult ; il était marié , et avait une jolie femme qui passait pour avoir des privautés avec Rose , maître de son mari. La femme de ce dernier accusait Hamelin d'une honteuse connivence aux désordres de sa femme , et ne cessait de lui en adresser des reproches. Un jour , fatigué de ces plaintes continuelles , et d'ailleurs pris de vin , il mit le feu , avec un tison , à la maison du sieur Rose , son maître ; cette maison et une autre contiguë furent brûlées.

Il fut arrêté à Vacœuil , et condamné par le bailli de Ry à être pendu , et à avoir préalablement la main droite coupée. Cette sentence fut confirmée par le bailli de Longueville. Hamelin en appela à l'échiquier de Rouen , et fut amené à la conciergerie. Il allait être jugé, lorsqu'il cbtint la fierté.

1511. Jehan Canu, de la paroisse de Gaillarbois près

les Andelys , âgé de ââ ans.

Thomas, du Mesnil- Jourdain.

Le sieur De Rosay, de la suite de M. d'Etouteville.

Jonathas Canu , laquais de M. De Brézé , grandsénéchal.

Jehan Canu, enfant.

Charles Duvergier. , bâtard , valet de l'abbé de Fécamp.

Noël Le Petit.

Gauvet.

Antoine Loiset , verdier à Lyons-la-Forêt.

Antoine Taillefer .

Ils avaient eu précédemment une querelle à Rouen , pour une fille publique , avec un sergent royal nommé Le Monnier,

et les nommés Robert Langlois et Pierre Martinet ; ils nourrissaient , contre ces derniers, des projets de vengeance. Bientôt avertis qu'ils étaient à Rouen , ils s'y rendirent avee la résolution de leur Taire un mauvais parti. Ils allèrent souper dans une taverne , sur l'Eau-de-Robec , à l'enseigne de la Barge, où ils savaient que Le Monnier venait souvent. En effet , ee dernier y survint bientôt avec quelques amis , et se mit dans un cabinet contigu de celui où étaient Jehan Canuet les siens. Du vin ayant été apporté à Le Monnier , un de ses amis s'écria a haute voix : « Sang Dieu ! nous baillés-vous vin à laques? » A ce mot , Jehan Canu et les siens, qui étaient des laquais , sortirent furieux du cabinet où ils buvaient avec des tilles , et se ruèrent , l'épée à la main , sur Le Monnier et ses camarades ; Le Monnier fut tué par Jehan Canu, et tous ses camarades furent blessés ; Canu et les siens s'enfuirent sains et saufs ; Canu alla gagner franchise dans l'église de Bourg-Achard.

Fleury Pennel , de la paroisse de Montchaton , diocèse de Coutances.

Il avait violé trois filles, et avait, en outre, commis nombre de larcins , de complicité avec un nommé Pierre Chevalier ; il avait volé des bêtes à laine , des boisseaux de blé , des queues-de-vin , du linge, de l'argent.

Outre Chevalier , il avait pour complices les nommés Etienne Langlois , Martin Le Vicomte , et Jehan Yver , tous de Montchaton .

Jacques De Folleville (noble homme), de la paroisse de Briorme , âgé de â4 ans.

Guillaume De Folleville , son oncle , de la paroisse de Franqueville , plaidait depuis long-tems contre lui et contre ses cinq frères et sœurs , qu'il avait entrepris de dépouiller ou de ruiner par ses chicanes. Jacques De Folleville lui avait offert

quinze livres tournois de rente viagère , pour qu'il les laissât désormais en repos. Cette offre avait été rejetée , et Guillaume De Folleville lui avait répondu qu'avant de cesser ses procédures , il saurait bien avoir le meilleur des héritages de lui et de ses frères et sœurs. Ces procès ruinaient Jacques De Folleville et les siens. Un soir , entre neuf et dix heures , il se présenta , sans armes , chez son oncle , et le pressa d'accepter la proposition qu'il lui avait précédemment faite. Celui-ci lui répondit avec humeur qu'il fallait que lui et ses frères et sœurs lui abandonnassent , en pleine propriété , des immeubles qu'il désigna , et qui formaient la meilleure part de leur héritage ; sans quoi il plaiderait toujours. Cette réponse exaspéra Jacques De Folleville , qui « obéissant à l'instigation du malin esprit » , se saisit d'une houe qu'il trouva là , en frappa son oncle qu'il terrassa , et lui en donna encore deux coups qui l'achevèrent. Alors , il enveloppa le cadavre dans un linceul , et, au moyen d'une corde, le descendit dans une marnière.

15U. Guillaume Painsec, de la paroisse de Aupenays ( aujourd'hui Bourg-Beaudouin ) , diocèse de Bouen.

Lui et son fils avaient , dans le bois de Radepont , un atelier pour la préparation du charbon . Les deux frères Maudestour ayant voulu , un jour , y travailler malgré eux , ils leur firent des représentations.

Mais les Maudestour répondirent que , soit qu'on le voulût ou non , ils continueraient de travailler. Guillaume Painsec crut les intimider par une clameur de haro ; mais ils n'en tinrent aucun compte. De là une querelle qui dégénéra en voies de fait. Dans ce conflit , Robert Painsec fils tua un des Maudestour , d'un coup de bâton à la tête .

1515. Nicolas Dusault, de la paroisse de Beaumontle-Boger, diocèse d'Evreux.

Il avait fabriqué de fausses oboles , de faux gros milanois ,

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des écus d'or ; de plus , il avait été convaincu , en jugement , d'avoir HasphUné Dieu et ses suints. Les juges d'Evrcux L'avaient condamna à être pendu après avoir eu l'oreille coupée

par Le bourreau.

Nkolas De la Rue , écuyer, âgé de â5 ans , de l'île de Guemesey.

Ayant surpris sa sœur , femme mariée , en adultère avec le fils du commandant de l'île de Guernesey, il les tua tous les deux, d'un même coup d'épée. Le commandant, voulant le faire arrêter, mit cent vingt hommes sur pied. De son côté, Delarue, qui avait un vaisseau , fit armer tous les hommes de son équipage , pour sa défense. Un combat eut lieu, dans lequel les soldats du commandant furent mis en déroute ; Delarue en tua deux de sa main . — Depuis , réfugié «à Survillesur-Mer, en Normandie , il devint éperdûment amoureux de la fille du seigneur de Commare ; il alla, accompagné de cent vingt-cinq hommes armés , l'enlever dans le château de Commare , malgré son père , et vécut avec elle pendant quelque tems , sous promesse de mariage ; il lui avait donné 20, oooliv., prises par lui sur les Anglais ; c'était tout ce qu'il possédait.

Après la conclusion de la paix entre la France et l'Angleterre , il captura un vaisseau anglais , et fut condamné , à raison de ce fait, «à deux ans de bannissement. Lorsqu'après avoir subi sa peine il revint à Harfleur , il n'y trouva plus la demoiselle De Commare. Elle était allée rejoindre ses parens , et avait emporté les 20,000 liv. de son amant. Delarue ne craignit pas d'aller au château du père , demander à la demoiselle ce qu'elle avait fait de son argent ; elle lui remit dix écus, en lui disant qu'ils compteraient ensemble pour le reste. Delarue se répandit en injures et en menaces , et resta à Commare , pour les exécuter ; plusieurs gentilshommes , parens et amis de la demoiselle De Commare , avertis de ses desseins , s'efforcèrent de l'arrêter dans un marché : mais ,

aidé de quelques mauvais sujets qui l'accompagnaient , il résista vigoureusement et blessa plusieurs de ses adversaires . Cependant , deux jours après , il fut arrêté ; on instruisit contre lui un procès criminel pour rapt , et il fut condamné à mort par l'échiquier de Rouen.

Il avait tué , à Harfleur , un individu qui insultait la maîtresse d'un de ses camarades.

A Janval, près Arques, il avait tué, d'un coup de rapière, un nommé Bonnetot , qui maltraitait un de ses camarades.

Il avait donné un coup de poignard à un officier de l'amiral, dans une querelle pour une femme qu'ils fréquentaient tous les deux.

Noms des complices de Delarue.

i°. Dans le combat de l'île de Guernesey : Guillaume Roger; Colin Corbin ; Thomas Breton ; Jehan Regnault ; Pierre Aubert ; Thomas Simon ; Nicolas Cloet ; Nicolas Pallièvre ; Nicolas Allays ; Hilaire Vidamours ; Lubin Nicole ; Nicolas Bély ; Nicolas Duval.

2°. A Janval , près Arques : Jacques Malo ; Nicolas De Bruges, et Guillemet Ricques.

3°. Lors de la capture du navire anglais : Jean Pierre ; Jean Hutin ; Antoine Le Prouvenceau ; Tabourin ; Simonet et Michel , l'un et l'autre de Honfleur ; Georges , de Prouvence ; Antoine , de Picardie ; Jehan Patris.

Il avait eu bien d'autres complices ; mais sa mémoire ne lui permit pas de les désigner.

1517. Jehanne, fille de Colin Julien, de la paroisse de Montfort-sur-Risle , âgée de ââ ans.

A l'âge de vingt ans , étant servante chez un bourgeois de la paroisse de Saint-Gervais-lez-Rouen , elle fut séduite par un jeune homme qui lui promit de l'épouser, et qui bientôt l'abandonna . Grosse de ses œuvres , elle accoucha clandestinement , et « à l'instigation du diable » , suadente diabolo ,

elle étouffa son enfant, «jn i mourut sans baptême. Elle alla

enfouir Le corps dans une ctable à vaches.

:>is. PlBRRX JoUYSE, àe la paroisse de Saint-Laurent de Rouen, vitrier.

Revenant d'un jeu de paume , avec ses frères et ses amis, il trouva son neveu , enfant de douze ans , assailli par dix ou douze enfans qui le maltraitaient , lui tiraient les cheveux , et l'accablaient de coups. Il délivra son neveu , en lui donnant , toutefois , un soufflet pour le punir de s'être battu. Mais les parens de quelques uns des enfans qu'il venait de châtier , se mirent à la poursuite de Jouysc et de ses frères , l'épée à la main , et les blessèrent tous trois fort grièvement. Outré , Pierre Jouvse tira son couteau de sa ceinture , et perça un de ces individus , qui mourut sur l'heure. Ce fait arriva près de Saint-Cande-le- Vieux.

519. Guillaume Morel, de la paroisse de Gourfaleur, diocèse de Coutances.

Lui et sa famille , revenant du pèlerinage de Saint-Sébastien de Rohart (ou de Raids), ils burent du cidre dans une auberge de la paroisse de Saint-Gilles en Cotentin , et Morel s'enivra. Dans l'ivresse, il tua, d'un coup de bâton, le nommé Bastard , qui était de sa compagnie .

>20. Germain Rou, de la paroisse de Marcilly -la-Campagne, diocèse d'Evreux, tisserand, âgé de 30 ans.

De complicité avec un prêtre de Marcilly, il avait jeté dans une marnière un enfant nouveau— né , fruit d'un commerce criminel que ce prêtre avait eu avec une jeune personne , sa filleule. Deux jours après , des passans entendirent les cris de l'enfant , l'ôtèrent de la poche dans laquelle on l'avait mis, en eurent soin , et lui sauvèrent la vie. Le prêtre coupable s'enfuit ;i Rome. Germain Rou avait été condamné par les juges de

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