‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 1 sur 131 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

les monuments nationaux, un grand drame historique, il reste un témoin important à interroger, le public qui 7 a assisté sans y être engagé. Ce public, ce sont les gouvernements et les peuples à la fois étrangers et voisins, spectateurs curieux, mais sans passion ni intérêt suprême, des événements qui se passent près d'eux mais hors de chez eux, sous leurs yeux mais non par leurs mains ; liés de trop près aux acteurs pour être indifférents au spectacle, et assez séparés pour l'observer avec liberté d'esprit et impartialité. C'est surtout dans les correspondances des agents diplomatiques qu'est déposé ce témoignage : ils ont pour mission essentielle de bien regarder et d'être bien instruits ; ils ont dit sans gêne tout ce qu'ils ont vu, appris et pensé. Leurs relations sont le complément indispensable et le meilleur contrôle des documents nationaux. Pour tout ce qui s'est passé en Europe depuis trois siècles, nulle histoire n'est définitive tant qu'elle n'a pas subi cette épreuve et puisé à cette source.

Fendant la République et sous Cromwell, la France et l'Espagne se disputaient, à Londres,

* PRÉFACE. vu

ralliance de l'Angleterre. J'ai publié, dans les volumes précédents, les lettres -de leurs deux ambassadeurs à cette époque, M. de Bordeaux et don Àlonzo de Cardeûas. Sous Cromwell et pendant l'anarchie républicaine qui précéda le retour des Stuart, la France seule était présente à Londres ; l'Espagne, en guerre avec l'Angleterre, n'y avait plus de représentant. Je publie aujourd'hui la correspondance de M. de Bordeaux avec le cardinal Mazarin et le comte de Brienne durant cet intervalle. J'y joins huit lettres adressées par Mazarin à Bordeaux, au moment de la mort de Cromwell , et où l'intimité du cardinal avec Cromwell est vivement empreinte. Aux approches de la restauration des Stuart, je trouve, dans les correspondances espagnoles entre Bruxelles et Madrid, quelques pièces où se manifestent clairement la situation et la pensée de la cour d'Espagne dans ses relations avec l'Angleterre et son roi. Je les joins aux dépêches de Bordeaux et de Mazarin. Je mets ainsi , pendant toute cette période et presque jour par jour, les rapports des agents diplomatiques français et espagnols en face

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