LIVRE I.-OUVERTURE
« ayant toujours éprouvé qu'alors mes idées étaient « fausses. Notre cause est toujours ce qu'elle a été, et « aussi bonne qu'elle ait jamais été, et nos ennemis sont « d'anciens vaincus. Si nous croyons fermement que « Dieu est avec nous, il sera avec nous ; et alors, qui sera « contre nous? 1 »
Le 27 janvier 1659, Richard, suivi d'un pompeux cortège, arriva par la Tamise au Parlement, s'arrêta quelques minutes dans la salle de la Chambre des Lords et se rendit de là à l'église de Westminster, le major général Desborough portant devant lui l'épée. Les deux Chambres l'y attendaient, éparses et confondues. Après le sermon prêché par Th. Goodwin, comme l'assistance se levait, un quaker, debout près de la chaire, prit brusquement la parole et se répandit en incohérentes exhortations. Richard s'arrêta, l'écouta jusqu'au bout, et retourna à la Chambre des Lords où, par son ordre, l'huissier à la verge noire alla inviter les membres de la Chambre des Communes à se rendre. Plusieurs d'entre eux, ayant suivi le cortège, étaient déjà là, debout et à la barre , selon l'ancien usage de la monarchie ; mais cent soixante environ s'étaient réunis dans leur propre salle, et quand l'huissier vint les avertir, à peine dix ou douze répondirent à l'appel du Protecteur : « J'ai voulu voir, » dit Haslcrig, «dans quel rang nous serions placés; j'ai vu
» Thurloe, State-Papers, t. VII, p. 576, 588, 594, 612 ;— Clarendon, State-Papers, t. III, p. 440: — Pari, hist., t. XXI, p. 245-262; — Bordeaux à Mazarin, 16 et 30 janvier 1659 (Documents historiques, n° W.