‹ Histoire du Protectorat de Richard Cromwell et du rétablissement des StuartChapitre 6 sur 131 · LIVRE I— RICHARD EST · texte numérisé non relu

LIVRE I— RICHARD EST

« disposé à oublier le passé pourvu que Ton lui donne « quelque chose d'effectif et de présent. » Mais tout en attaquant, auprès de Charles, un ennemi détesté, le cardinal de Retz confirmait le roi et persistait fermement lui-même dans ses espérances : « On dit ici, ajoutait-il, « que le fils de Cromwell a été proclamé son successeur. « Pour ce qui est de moi, je ne puis croire que Dieu n'ac- « complisse son ouvrage1. »

Mais chaque jour les messagers, les lettres, les voyageurs apportaient d'Angleterre des nouvelles bien propres à abattre cette confiance ; Richard s'établissait dans le pouvoir aussi facilement qu'il s'y était élevé; à Exeter, à Hull, à Newcastle, dans toutes les villes d'Angleterre, et même sur le sol français, à Dunkerque comme à Londres, il était proclamé au milieu des acclamations ou de l'insouciance publiques ; à Oxford seulement, des étudiants avaient insulté, mais sans conséquence, le maire â et les aldermen chargés de la cérémonie. Des adresses d'adhésion, passionnément enthousiastes ou serviles, lui arrivaient de toutes parts; les hommes les plus considérables et les plus prudents, Whitelocke par exemple, se croyaient tenus de lui présenter en personne celles de leurs comtés; les Églises française, hollandaise, italienne, établies à Londres, se faisaient un devoir d'unir leurs hommages à ceux des villes et des corporations anglaises; les officiers généraux se concertaient chez Fleetwood pour que les trois armées d'Angleterre, d'É-

i Clarendon, S tate-Papers, t. III, p. 407, 409, 412, 415;— Carte, Ormond's Lelters, t. II, p. 143, 144.

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