AVEC MONK , LOCKHART, ETC
tout temps d'ailleurs on lui avait soupçonné des penchants royalistes; et tout récemment l'empressement que lord Howard et lord Faulconbridge, en quittant Londres, avaient mis à se rapprocher de lui, avait aggravé ces soupçons1.
Quoique bien moins importants que Monk, Lockhart sur le continent et Montague dans la Baltique pouvaient être dangereux. Parent de Cromwell par sa femme, Lockhart était habile et courageux, en intimité avec Mazarin, bien placé dans l'esprit de Louis XIV lui-même, estimé et aimé des régiments anglais en garnison à Dunkerque qu'il avait glorieusement commandés, et quelquefois soutenus de sa bourse. 11 avait été longtemps royaliste, et Charles II qui, en Écosse, avait fait la faute de le maltraiter, cherchait avec empressement quelque occasion de le ramener à lui. L'amiral Montague était, pour le Parlement républicain, un serviteur encore plus douteux : « Il a été tout dévoué au vieux Noll, son « compatriote, » écrivait au roi lui-même* un de ses amis chargé de le sonder; « et à cause de Cromwell, il « aime toute la famille ; mais il déteste parfaitement les « hommes qui gouvernent aujourd'hui, et la dernière « crise l'a profondément mécontenté. » La seule flotte que l'Angleterre eût alors en mer était sous les ordres de Montague, et sinon tous, du moins la plupart de
i Journal* ofthe h.ofC, t. VIT, p. 647;— Thurloe, Stale-Papers, t. VII, p. 667;— Whitelocke, p. 678, 680— Lu dlow, Mémoires, dans ma Collection, t. II, p. 443.
* Le 15 juin 1659.