DU CHANCELIER HYDE
de trop grandes obligations, le préoccupait sans cesse ; et lorsque les royalistes d'Angleterre lui demandaient jusqu'à quel point ils pouvaient compter sur le roi : « Il « est » , leur répondait-il % « le plus Anglais et le plus « protestant de tous; et vous devriez bien faire en sorte « de commencer vous-mêmes l'œuvre de son rétablis- « sèment, afin que personne n'en puisse prendre avance tage contre l'intérêt protestant et l'intérêt anglais, a que le roi a à cœur plus que nul autre homme dans a son royaume*. »
Charles prenait probablement quelque soin pour inspirer, à Hyde lui-même, cette confiance peu méritée; et, de son côté, au lieu d'y regarder.de très-près, Hyde se prêtait sans doute volontiers à la ressentir. Une circonstance particulière aida puissamment le chancelier à la répandre parmi les royalistes. Quoique le duc d'York fît encore profession extérieure de la religion anglicane, les catholiques savaient qu'il leur appartenait, et commençaient à lui témoigner un dévouement spécial, fondant sur lui tout leur espoir de recouvrer en Angleterre, non-seulement la liberté, mais la domination. Un travail secret fut dès lors entamé pour faire au prince Jacques , aux dépens du roi son frère, un renom et un parti. Le père Talbot, jésuite, était le principal agent de ces menées, ourdies et suivies dans l'intérêt d'une puissance étrangère autant que dans celui des catholiques
' 1 Le 20 juin 1659.
* Clarendon. State-Papers, t. III, p. 496. — Burnet, Histoire de mon temps, t. I, p. 191-192, dans ma Collection.