LIVRE II. — MESURES DU PARLEMENT
« vers l'Angleterre, se tenant pour assuré qu'ils s'empa- « reraient aisément d'un bon port, et qu'ils réduiraient « par la force, sans secours étranger, ceux qui ne voûte draient pas rentrer d'eux-mêmes dans le devoir1. »
Mais le Parlement était sur ses gardes; le traître Willis continuait à informer Thurloe de ce qui se tramait parmi les royalistes; Thurloe en instruisait à son tour Vanc et Scott, et l'intempérance étourdie des royalistes eux-mêmes achevait l'œuvre de la trahison : « Ils ont « fait une division des provinces d'Angleterre, » écrivait Bordeaux à Mazarin % « et ces derniers jours cha- « cun s'est retiré dans celle où il doit servir, avec si a peu de discrétion que beaucoup d'entre eux ont pris a congé publiquement de leurs amis devant que de s'en a aller à leur rendez- vous. » — « C'est une grande sur- « prise pour moi, » disait Hyde3, « et une grande preuve « de la bonté de Dieu pour nous, qu'après tant de bruits « d'insurrection et tant de personnes nommées, nos o amis soient encore en liberté ; cela ne provient, je « suppose, d'aucune clémence dans les maîtres actuels « du pouvoir, mais de leurs dissensions et de leur mante que de confiance en eux-mêmes. » Devant le danger évident, le gouvernement n'hésita plus ; des mesures fortes furent coup sur coup adoptées; on pressa l'organisation de la milice ; six régiments en furent formés dans la Cité, et le major général Skippon qui, depuis le
i Clarendon, State-Papers.. t. III, p. 472, 498, 514,515.
* Le 7 août 1659.
* Le 19 juin 1659.