PRÉFACE
les monuments nationaux, un grand drame historique, il reste un témoin important à interroger, le public qui y a assisté sans y être engage. Ce public, ce sont les gouvernements et les peuples à la fois étrangers et voisins, spectateurs curieux, mais sans passion ni intérêt suprême, des événements qui se passent près d’eux mais hors de chez eux, sous leurs yeux mais non par leurs mains ; liés de trop près aux acteurs pour être indifiërents au spectacle, et assez séparés pour l’observer avec liberté d’esprit et impartialité. C’est surtout dans les correspondances des agents diplomatiques qu’est déposé ce témoignage : ils ont pour mission essentielle de bien regarder et d’être bien instruits ; ils ont dit sans gêne tout ce qu’ils ont vu, appris et pensé. Leurs relations sont le complément indispensable et le meilleur contrôle des documents nationaux. Pour tout ce qui s’est passé en Europe depuis trois siècles, nulle histoire n’est définitive tant qu’elle n’a pas subi cette épreuve et puisé à cette source.
Pendant la République et sous Cromwell, la France et l’Espagne se disputaient, à Londres,