LIVRE I.— LA DISCORDE COMMENCE
malade , que son frère Henri l’était aussi , ou même qu’il venait de mottfir subitement; on parlait de conflits entre l’armcc et les bourgeois de la Cité. Le plus intime et le plus habile des conseillers de Richard , Thurloe, était réellement atteint d’une fièvre grave, et hors d’état de vaquer aux affaires. Les royalistes, encore timides, et qui recevaient de Charles H l’ordre de se tenir dans un complet repos, se donnaient du moins la satisfaction de répandre et de commenter ces mauvaises nouvelles; les indifférents se montraient prompts à les accueillir; les serviteurs mêmes du pouvoir tenaient un langage ou prenaient des précautions qui trahissaient leur peu de foi dans sa force et dans sa durée. Proclamé d’une voix unanime et partout reconnu, et encore partout obéi sans résistance, le nouveau Protecteur chancelait déjà, visiblement très-faible et très-menacé’.
Le premier coup ne se fit pas attendre longtemps. Après quelques pourparlers où l’humeur et les prétentions des mécontents s’étaient seulement laissé entrevoir, deux ou trois cents offleiers, conduits par Fleetwood, ou plutôt conduisant Fleetwood à leur tête, présentèrent, le 14 octobre, à Richard une jiétition où, « pour relever, disaient-ils, la bonne vieille cause qui « sommeillait depuis longtemps, » ils demandaient que l’armée eût désormais un commandant en chef autre que le Protecteur lui-même, et qui eût combattu avec elle
I Thurloe, Stale-Paprrt, t.VII, p. 384, 385, 402, 408, 412, 423; CUrendon, Stale-Paper$, t. III, p. 415, 421; — Bordeaux àSlaxarin, 26 et 30 septembre, 10 octobre 1658 (Documents htsturiquet, oMI).