‹ Histoire du ProtectoratChapitre 5 sur 118 · LIVRE I.— ATTlTLllE DES · texte numérisé non relu

LIVRE I.— ATTlTLllE DES

et ap[)dé à décider lui-niême de sa destinée, il n’en décida pas plus qu’il n’avait fait auparavant; il s’y laissa aller, sans résistance comme sans confiance, et les conseillers de son père firent de Richard un Protecteur, comme Cromwell en avait fait un conseiller privé Cet avènement si facile causa sur le continent, dans les conseils des rois et à la petite cour exilée de Charles II, une vive surprise. La mort de Cromwell les avait un moment saisis de stupeur : c’est surtout pour les grands hommes qu’on s’étonne, comme dit Bossuet, « de ce que « ce mortel est mort » ; l’orgueil humain ne veut pas croire que tant de puissance et d’éclat soit si fragile et si court. Mais, dans l’étonnement, la satisfaction avait éclaté : Mazarin, à la première nouvelle, se hâta d’aller faire à la reine Henriette-Marie une visite pour la féliciter d’un événement qu’il regardait, disait-il, comme le [irésage assuré du rétablissement du roi son fils. En Hollande, où le peuple, orangiste et jaloux de r.\nglcterre, était resté favorable aux Stuart, la joie se manifesta bruyamment; on dansait dans les rues d’Amsterdam en criant: « Le diable est niort! » Paiani les conseillers et les serviteurs de Charles II, l’émotion était bien plus vive encore : a Deux ou trois personnes sont arrivées ici H depuis qu’il est mort vendiedi dernier, écrivait de « Bréda Hyde au marquis d’Ormond; sir Robert Stoue a a vu le cadavre... Certainement il y aura bientôt de O grands changements ; je ne puis croire que tous se

^ Noble, A/emoir* of thé Protectoral house of CromueUt i i, p. 158- 19G; — Clarendon, State-Paper$, t. III, p. 4uü.

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pnssANCKS ni: continent.

« soumcUcnt au gouvernement de ce jeune f.il. « — <A a coup sûr, mandait d’Amsterdam Colepepper à Hyde, O il se trouvera là des hommes importants qui seront a blessés que la partialité de Cromwell ait élevé ce jeune a homme au-dessus d'eux , qui ont porté la chaleur du O jour;... celui auquel je pense surtout, le seul capable « de rétablir le roi, c’est Monk; ni ses principes, ni ses a afl'edions ne l’yrendenttoutàfaitopposé... Vous savez « que c’est un homme d’humeur taciturne , qui s’estime « assez lui-même et se croit, par ses talents et sa réputa- « lion militaires, bien plus fait pour la charge de Protec- « leur et le titre d’Altesse que M. Richard Cromwell qui <f ne s’entend qu’à soigner ses champs et scs chevaux. » Iæs royalistes d’Angleterre échauffaient, par leurs lett res, celte confiance des exilés : « Tous les cœurs, presque Il morts naguère, se sont merveilleusement ranimés,

« écrivait à Hyde Howard retenu en prison Au nom

« de Dieu , Mylord, xous qui voulez le bonheur de ce bon « roi et le bien de ce pauvre royaume ensanglanté, ne « laissez pas perdre, en hésitations et en délais, la fortune « d’un si heureux moment. » Des amis plus défiants essayaient de tenir Charles et sa mère un peu en garde contre les apparences : «J’ai une extrême joie, mandait le Il cardinal de Retz à Ormond, des dispositions que M. le O cardinal Mazarin fait paraître pour le service de Sa Ma- « jesté.... Je prendrai toutefois la liberté de supplier trèsci liumblement Sa Majesté de prendre garde qu’il n’y ait U là de l’artifice. .... et de recevoir ses avances d’une ma- « nière qui lui donne lieu de croire que le roi est très-

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