EXTRAIT
DU MEMOIRE DE l/lNTENDÀNT DE TOURAÏNE
Du 1698
« Au temps de Louis XIII les étrangers venoient euxmesmes acheter les marchandises et il y avoit plus de 20,000 ouvriers en soye à Tours, y compris les apprentifs et plus de 8,000 métiers d'étoffes de soye, 700 moulins à soye et plus de 40,000 personnes employées à dévider la soye, à l'aprester et à la fabriquer, — au lieu qu'il n'y a maintenant que 120 métiers, 70 moulins et 4,000 personnes occupées au travail de la soye, non compris la rubannerie dont il y a eu autrefois 1,000 métiers, tant à Tours qu'aux environs, et dont il ne reste maintenant que 60. » [f° 195).
La draperie est ruinée. Il y avait ■ plus de 25o métiers autrefois et plus de 120 maîtres. Il n'y a maintenant que i5 à 16 maîtres. » (fo 199).
A Tours « il y avait avant la guerre 000 huguenots, tous marchands et fabriquons, il n'en reste plus que 400, y compris les enfants; les autres sont allez en Angleterre et en Hollande, où ils ont étably leur fabrique et leur négoce. (f° 210).
A Chinon, • il y a eu autrefois 12 familles d'huguenots, il en reste encore 8. Les 4 autres sont sorties du royaume. » jo 217).
De Preuilly, « il est sorti depuis i3 à 14 ans 25 familles d'huguenots, et il en reste encore 26. » (f° 244). — Archives du Ministère des Affaires Etrangères, France, no 1,749).
Examinons deux chiffres donne's par Miromesnil dans le rapport dont nous venons de citer quelques passages.
D'après lui il y aurait eu à Tours, en i685, goo huguenots, tous marchands et fabricants, ce qui ferait supposer que la population protestante de Tours s'élevait à cette époque au chiffre de 3, 600 personnes environ. L'intendant à évidemment exagéré. En effet les pasteurs de la Butte ont célébré en 1680, 34 baptêmes; en 168 1, 36; en 1682, 20; en i683, 3o ; et en 1684, ?o ; — soit i5o baptêmes en 5 ans, ce qui nous donne une moyenne de 3o baptêmes par an. Or en admettant que le chiffre des naissances soit à celui de la population comme 1 est à 5o (c'est à peu près la proportion actuelle pour l'église réformée de Tours), on doit conclure, comme nous l'avons fait, qu'il y avait dans notre ville i,5oo protestants environ au moment de la Révocation. — Bien que nous regardions comme faux ce chiffre de 900 marchands et fabricants donné par Miromesnil, nous croyons qu'il devait être dans le vrai quand il écrivait qu'il ne restait à Tours, en 1698, que 400 personnes y compris les enfants, ayant appartenu à la Religion réformée, soit au plus une centaine de chefs de famille. Dans le premier cas en effet l'intendant parle d'un passé qu'il ne connaissait que par les rapports plus ou moins exacts de son prédécesseur et de son entourage; dans le second au contraire il cite un chiffre dont il avait pu vérifier l'exactitude, puisque l'autorité possédait en 1698 des listes nominatives des nouveaux convertis.
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